La Melody du bonheur!

La Melody du bonheur!
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La Melody du bonheur! - © Droits réservés

Melody Gardot présentait « Currency of man », un quatrième album qui renoue avec ses influences jazz et blues dans un Cirque Royal subjugué. A revoir le 1er août à Esperanzah ! Et le 5 novembre au Forum de Liège.

Quelque chose nous aide à nous lever ce lundi matin. Quelque chose comme l’excitation du jour J. La délicieuse perspective de ce qui nous attend 12 heures plus tard, lorsque nous retrouverons la douce caresse vocale de Melody l’ensorceleuse.

C’est déjà la troisième de ses tournées à laquelle nous avons le privilège d’assister. Et, à chaque fois, elle nous émeut, nous apaise, nous fait rêver ! Un amour comme en musique, le coup de foudre ne peut s’expliquer... Et ce n’est pas la pluie battante qui va doucher notre enthousiasme !

L’histoire de Melody Gardot, c’est un peu le conte de fée prouvant la force de la musique. Renversée à 19 ans de son vélo par une voiture, elle à dû être hospitalisée pendant un an pour se remettre de ce polytraumatisme. Et a trouvé dans la musicothérapie, les notes d’espoir auxquelles se raccrocher. La voir, aujourd’hui, tenir une heure trente, sans sa canne et esquissant même un pas de danse, est un formidable symbole de courage face aux coups du sort que la vie assène sans prévenir.

Toute de cuivres vêtue

La jolie (mais un peu longue) prestation de Kris Dane seul à la guitare nous fait agréablement patienter jusqu’à ce que son arrivée soit annoncée ainsi que l’essentiel de la prestation à venir : la présentation du nouvel album " Currency of man ".

Les fondamentaux de la soirée sont mis en place d’emblée sur " She don’t know " : une basse avec un groove d’enfer et, pour rester dans les références célestes, une section cuivres du feu de Dieu ! Rapidement, elle se tournera vers son piano pour un Medley improvisé en hommage à la folie créatrice de Charlie Mingus et en pensée avec Ornette Coleman, récemment disparu. Les prestations des musiciens sont applaudies spontanément. Pas de doute, nous sommes bien dans un concert de jazz !

" Morning sun arrive comme un grand moment. Calme et douce, la voix de Melody pourrait à ce moment apaiser tous les tourments. Tout comme " Our love is easy " dans un magnifique écrin ouaté de trompette puis " Baby I am a fool " qu’elle accompagne sobrement à la guitare électrique. On aurait aimé plus de morceaux comme ces deux-là, tirés de l’album " My one and only thrill " qui la rendit célèbre. Mais, heureusement, ce ne furent pas nos seuls frissons…

Pièces à convictions

Retour aux nouveaux morceaux. Elle se fait langoureuse sur " Don’t misunderstand " avant de clamer son indignation dans " Preacherman ", et son atmosphère rock gospel, qu’elle dédie avec conviction aux victimes de la tuerie raciale de Charleston. " I believe in a world where we all belong "… Elle essaie de faire chanter la foule qui reste timide et assise alors que tout dans cette musique nous donne envie de bouger et de crier.

" Who will confort me " restera dans cette veine avant un rappel dans la plus pure tradition du jazz où chaque musicien fera à son tour étalage de sa grande classe. Quand on a un band de cette envergure, il serait vraiment trop bête de s’en priver !

Au final, cette nouvelle tournée ne fait que renforcer notre conviction d’être en face de l’alchimie parfaite entre des musiciens de haut vol et une chanteuse d’exception. A part un petit " Over the rainbow " seul à la guitare en guise de cerise sur le gâteau, on ne voit pas vraiment ce qu’on aurait pu demander de plus à cette mémorable soirée !

 

François Colinet

En concert le 1er août au festival Esperanzah ! Et le 5 novembre au Forum de Liège

Melody Gardot, "Currency of Man" (Deluxe Edition)