L'Excavation : les abimés des abîmes

L'Excavation : les abimés des abîmes
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L'Excavation : les abimés des abîmes - © L'Excavation

Max Andersson, bédéaste suédois et personnalité de l'underground, revient après de longues années avec L'Excavation, troisième du nom. Un récit trouble qui nous plonge dans des abîmes terrestres cauchemardesques.

 

Un jeune homme et son amie vont rendre visite aux parents du premier. Lorsqu'il arrive, il ne reconnaît pas la maison de son enfance et pour cause, elle a disparu. La maison s'est fait engloutir et le couple repère un trou par lequel ils entrent. Le héros découvre que sa famille est devenue étrange, comme son père qui fait des expériences sur ses enfants et les réparent comme des objets. Ce ne sera que le premier indice d'un inquiétant décalage. Commence alors une traversée dans ce monde souterrain aux relents cauchemardesques entre cadavres, jumelles étranges et chats parlants. Toutes ces absurdités semblent en fait nous rappeler que tout ceci n'est pas réel. Dans les entrailles de la terre, tous les habitants sont las de leur existence, ils se traînent et errent dans des pièces sombres. L'Excavation est une triple plongée, dans la terre d'abord, puis dans le cauchemar et enfin dans la tête du héros, qui arbore un énorme trou à la place du visage, comme si son âme avait été aspirée au fur et à mesure de la descente dans les limbes lymphatiques.

 

 

Max Andersson rétablit l'équilibre du monde en signant une nouvelle BD chez L'Association après douze ans d'absence. L'Excavation vient de sortir, abordant des thèmes chers à l'auteur, sombres, troubles et poisseux. Max Andersson est une référence de l'underground suédois, il fait partie de la frange alternative de la BD du côté obscur de la force. Dans L'Excavation, il explore en carte à gratter les tréfonds de l'âme de son héros, qui construit son univers au fur et à mesure de ses déambulations psychiques. Les dessins imprécis et confus servent à merveille l'esthétique sombre de ce livre petit format, ils donnent une imprécis de frénésie portée par le rythme de lecture rapide. Un retour réussi donc pour Max Andersson avec un livre dans lequel le cauchemar est un refuge.

 

"L'Excavation" de Max Andersson 

L'Association

7 juin 2017