"God's Own Country" et ouverture du Pink Screens Festival

God's Own Country
2 images
God's Own Country - © Tous droits réservés

Hier soir avait lieu l’ouverture du Pink Screens au Cinéma Nova, une salle comble attendait le premier film de la fournée 2017, God’s Own Country.

 

Le très touchant court métrage “Bayard and Me” ouvre la séance de ce jeudi soir entre les murs de béton du Nova. Le film peint le portrait de Bayard Rustin, figure du mouvement des droits civiques et homosexuels aux Etats-Unis, par son compagnon. Décédé en 1987, Bayard Rustin fut l’un des bras droit de Martin Luther King, il prônait le militantisme non-violent et était très attaché à la philosophie. Il a notamment été l’organisateur de la Marche de Washington. Réfléchi et intelligent, il a été quelque peu gommé de l’Histoire à cause de son orientation sexuelle, qu’il assumait par ailleurs.

 

Après cette mise en bouche, place au film que tout le monde attendait, God’s Own Country. Sorti sur les écrans en 2017 et présenté au Sundance où il a été couronné du prix du meilleur réalisateur dans la catégorie “World Cinema Dramatic”, le long métrage british de Francis Lee arrivait sous les meilleurs auspices (il a aussi remporté le "Hitchcock d’Or" au Festival du film britannique de Dinard). 

 

Dans une ferme familiale du Yorkshire, John Saxby est un jeune agriculteur rustre et fier qui vit avec son père handicapé et sa grand-mère. Les relations entre les trois ne sont pas des plus tendres, le père n’accepte pas de ne plus pouvoir travailler et donne beaucoup d’injonctions à son fils, qui se saoule au café pour oublier cette vie qu’il n’a pas vraiment choisie. Pour l’aider durant la période de l’agnelage, la famille prend un ouvrier agricole pour une semaine. Gheorghe Ionescu, un saisonnier roumain, est le seul qui a répondu à l’annonce et c’est à contrecoeur que John va le chercher. Doux et patient, Gheorghe va faire découvrir la tendresse à John. 

 

Si l’on peut regretter une certaine forme de classicisme scénaristique et un romantisme poussé - un jeune homme rustique qui devient doux comme un agneau au contact de l’amour - on saluera la brutalité des plans, qui traduisent à merveille la rude vie dans la campagne anglaise et le rendu des couleurs mornes dans des paysages magnifiques et humides. Cette histoire d’amour au schéma ordinaire a le mérite du milieu et de la technique donc. On aurait pu pousser un peu plus la thématique de l’étranger qui vient travailler à la campagne par exemple, le rejet des habitants des village et le racisme ambiant, que l’on effleure à peine durant cette heure et demi, ou tout simplement l’homosexualité dans le monde agricole qui n’est au final pas vraiment abordée. God’s Own Country est une belle romance mais un film que l’on aurait préféré un peu plus profond.

 

 

Le Pink Screens Festival continue jusqu'au 18 novembre.
Retrouvez le programme ici.