"Fleabag" : sarcasmes au féminin

Fleabag
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Fleabag - © BBC/Amazon

Diffusée cet été sur la BBC, la série britannique co-produite par Amazon peint le portrait sans fard d’une jeune femme désagréable. Une anti-héroïne à l’humour décapant.

 

A l’origine, Fleabag ("sac à puces", le surnom de l’héroïne) est un one-woman show de Phoebe Waller-Bridge. Celle-ci l’a ensuite adapté pour la télévision et joue le personnage principal à l’écran. Diffusée de Juillet à Septembre 2016, Fleabag ne compte malheureusement que 6 épisodes d’un peu moins de 30 minutes chacun.

Fleabag est donc le nom d’une trentenaire britannique qui vivote entre son job à la dérive, des aventures sexuelles et amoureuses sans intérêt et une famille flippante et coincée. Le début du show est teinté d’humour noir et de froideur, Fleabag s’adresse au public comme un Frank Underwood sans costume mais peu à peu ses faiblesses se découvrent. Une montée en crescendo de l'intensité.

Le sarcasme de la jeune femme est en fait la meilleure protection qu’elle a trouvé contre le vide qu’elle ressent : sa meilleure amie avec qui elle tenait un café s’est suicidé, son père est mal à l’aise en sa présence, sa sœur l’évite, son café-concept-thème hamster est désert et sa belle-mère est exécrable. Du côté sentimental, elle qui ne souhaite qu’être désirée se retrouve à pallier le manque d’affection qu’elle ressent en couchant à gauche à droite.

Girls de Lena Dunham avait déjà ouvert la voix à une mise en valeur de la femme et ses tourments, sans larmoiements inutiles, et Fleabag reprend le flambeau de ce féminisme moderne. C’est à dire que la série montre la femme comme elle est, forte et faible à la fois, elle refuse toute aide autour d’elle. Et c’est sans doute une des meilleures approches.