En quête de guérison

Si le jeu vidéo est souvent vu à tort comme un divertissement inutile, il peut en fait contribuer à soigner différentes maladies : motricité, stress post-traumatique, psychothérapie, ils se révèlent une véritable source de motivation dans la guérison.

Bien trop souvent vu comme une perte de temps ou la cause de violence chez l’adolescent, le jeu vidéo peut en fait être un véritable atout dans une thérapie. Deux types de jeux qui peuvent remplir ce rôle : les jeux grand public comme Call of Duty qui n’ont pas ce but mais peuvent contribuer à aider un joueur et les jeux de thérapie.

Xanax & MMORPG

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Une thérapie par le jeu vidéo à l'US Navy. © Wikipedia

 

La console Wii de Nintendo qui prend en compte les mouvements du joueur est un excellent outil de rééducation. Si l’on visualise bien les bénéfices d’un entraînement physique avec la Wii, d’autres bienfaits sous-jacents peuvent être observés. En 2008, des chercheurs ont constaté de véritables progrès chez un adolescent atteint de paralysie cérébrale avec Wii Sports. Ce genre de cas n’est pas isolé, plusieurs études prouvent aussi que le jeu Tetris, Candy Crush ou encore des jeux de puzzle permettent de réduire l’anxiété : lors d’une étude, 70% de patients anxieux ayant joué plus de quatre heures au jeu de briques ont vu la disparition des déclencheurs de stress. L’utilisation de la visualisation spatiale et l’activation des commandes font oublier au joueur ce qu’il se passe autour. C’est aussi le cas pour des jeux à la première personne comme Assassin’s Creed.  Les MMORPS (Massively Multiplayer Online Role Playing Games) installent un environnement social confortable et peuvent aider les joueurs à sociabiliser en ligne. Il y a pour eux moins de risque de trouver en difficulté sociale derrière un ordinateur, cela aide véritablement pour la confiance.

 

Toujours du côté Nintendo, des jeux musicaux ont été utilisés pour des thérapies musicales auprès d’autistes Asperger et patients atteints de Parkinson. Des tests tout aussi concluants. Mais les jeux vidéo seuls ne peuvent guérir ou faire progresser quelqu’un atteint de troubles, la présence d’un thérapeute est primordiale pour le soutien moral. Il est aussi à préciser que tous les jeux ne fonctionnent pas pour tout le monde, certaines personnes, en fonction de leur âge, leur culture ne sont pas sensibles aux mêmes paramètres.

 

En 2012, France Inter parlait de Sparx, un jeu vidéo qui a pour but de lutter contre la dépression chez les adolescents. Il a été conçu par Sally Merry, une psychiatre néo-zélandaise. Dans un monde fantastique, le joueur doit chasser la négativité qui menace l’équilibre du pays à travers sept niveaux. En parallèle, il chasse ses pensées sombres pour rétablir son propre équilibre et retrouver confiance et estime de soi. 44% des jeunes adolescents dépressifs qui ont joué à Sparx disaient se sentir mieux, des résultats encourageants qui ne dispensent évidemment pas d’une thérapie à côté. Le jeu étant une alternative.

 

 

Une partie des études citées proviennent du travail : Videogames in therapy: a therapist’s perspective de Jan-Henk Annema, Mathijs Verstraete, Vero Vanden Abeele, Stef Desmet, David Geerts (KU Leuven)