D’où vient l’expression "Être un vieux de la vieille" ?

Aujourd'hui, on dit généralement qu’on est un "vieux de la vieille" quand on est expérimenté dans un domaine spécifique. Avant de laisser tomber son dernier mot, cette expression du XIXe siècle se disait à l’origine "un vieux de la vieille garde".

Fondée en 1804, la "vieille garde" appartenait à la garde impériale de Napoléon Ier, une troupe d’élite d’environ 100.000 hommes. À côté de la "jeune garde" se tenaient les plus anciens soldats de Napoléon, réputés comme étant de vieux grognards attachés aux traditions. 

Ces "vieux de la vieille" avaient d’ailleurs le privilège symbolique de marcher en tête des déplacements militairesAprès la chute de Napoléon, les vétérans avaient pour habitude de partager leurs souvenirs de guerre avec les plus jeunes.

La littérature de l’époque a facilité la transmission de l’expression : en 1847, Honoré de Balzac la reprend dans son roman "Le Cousin Pons" qui retrace les scènes de la vie parisienne. C’est ensuite au poète Théophile Gautier de reprendre l’expression pour en faire le titre de son poème, dont voici un extrait :

"Ce n’était pas les morts qu’éveille
Le son du nocturne tambour,
Mais bien quelques vieux de la vieille
Qui célébraient le grand retour."

L’expression apparaît dans sa signification actuelle en 1958, dans le roman de René Fallet, "Les Vieux de la vieille", adapté au cinéma en 1960 et interprété au théâtre en 2010.