Corps sain et sain esprit sur YouTube

Pauline aka Douce Frugalité
2 images
Pauline aka Douce Frugalité - © YouTube

Végétariens, végétaliens/véganes, flexitariens… ces termes sont aujourd’hui de toutes les bouches, de tous les claviers. Impossible de passer à côté de ces tendances alimentaires, qui ont trouvé en Internet une vitrine idéale. Des YouTubeurs véganes émergent d’ailleurs ici et là, décryptage et témoignage.

Les statistiques ne sont pas encore précises sur la question mais en Belgique, le nombre de végétariens serait passé de 2-3% de la population en 2011 à 5% en 2014. Une croissance tangible observable dans plusieurs autres pays comme la France, l’Angleterre et les Etats-Unis. Selon la Vegan Society, la sensibilité pour les régimes végétariens a augmenté de 40% ces dernières années à travers le monde. Si le végétarisme consiste à supprimer de son alimentation la chair animale, le véganisme va encore plus loin : c’est un mode de vie qui supprime tout produit issu des animaux ou leur exploitation (pour plus de précisions, c’est ici). Ces éthiques trouvent aujourd’hui de plus en plus d’écho, et Internet a contribué à les populariser.

 

Aujourd’hui en 2016, l’entrée "vegan" sur la plateforme vidéo YouTube donne plus de 3.5 millions de résultats. L’apparition de YouTubeurs axés sur le mode de vie végane s’est faite aux Etats-Unis un peu avant 2010 avec des chaînes comme celles de Freelee the banana girl ou Durianrider, de jeunes sportifs américains à l’alimentation ultra-saine.

 

Végane à tendance frugivore

Côté francophone, la YouTubeuse Douce Frugalité est une des porte-étendards du mouvement. Douce Frugalité, c’est le pseudo de "Pauline, 32 ans, sportive et végane". Avec plus de 13.000 abonnés et 2 millions de vues, elle est une des YouTubeuses françaises les plus influentes de son domaine. Dans ses vidéos amateurs, elle peint son quotidien de végane à tendance frugivore : entre alimentation, sport et nature.

 

J'étais très timide, mais je voulais agir et inspirer d'autres personnes

- Pauline "Douce Frugalité"

 

Avant de créer sa chaîne YouTube, elle possédait un blog et s’est mise par la suite à la vidéo. "De nos jours, les gens ont tendance à être trop fatigués après le travail pour lire des articles sérieux, ils préfèrent en général les vidéos. J'ai lancé ma chaîne YouTube en 2013, au bout de 3 ans de végétalisme, peu après avoir créé mon blog. J'étais très timide, mais je voulais agir et inspirer d'autres personnes, tellement j'étais enthousiasmée par mon nouveau mode de vie. Au début, je communiquais principalement sur la santé, mais j'ai vite remarqué que cela intéressait peu de monde. Par la suite, j'ai choisi de mettre l'aspect éthique au premier plan, car c'est la priorité. Maintenant, je fais davantage attention à ma présentation et à mes sources pour être crédible et donc efficace." raconte Pauline.

 

 

De l’autre côté de l’Atlantique, le succès des vidéos véganes se fait davantage ressentir : avec 700.000 abonnés et plus de 188 millions de vues sur ses vidéos, Freelee est une YouTubeuse végane à succès. Elle est aussi la preuve que ce mode de vie intéresse davantage en Amérique du Nord.

Pauline explique : "J'ai remarqué que si les Américains ont été en avance sur les problèmes de santé et de pollution, ils sont également en avance sur les solutions, avec le véganisme et les thérapies du bien-être par exemple. Il y a énormément de chaînes véganes anglophones et très peu de chaînes véganes francophones actuellement. La France est le pays de la gastronomie, avec le fromage, la crème et la viande, ce n'est pas facile d'aller l'encontre des traditions culinaires dans ce pays.

"Un outil éducatif incroyable"

Internet est un formidable média de conviction, et de conscientisation. Beaucoup de personnes se "convertissent" au véganisme grâce aux forums de discussion ou en visionnant les vidéos de ceux qui ont déjà fait la démarche.

 

Si Pauline a choisi de changer de vie après le documentaire Terriens de Shaun Monson, c’est Internet qui a contribué au reste : "Sans le soutien et les conseils que j'ai trouvés sur internet, je n'y serais peut-être pas parvenue. La vitesse à laquelle circulent les informations sur les réseaux sociaux et les médias alternatifs fait d'internet un outil éducatif incroyable qui nous permet d'évoluer plus rapidement. C'est aussi un lieu de partage génial qui est crucial pour le développement du véganisme."