Les Star Wars auxquels on a échappé

Les Star Wars auxquels on a échappé
Les Star Wars auxquels on a échappé - © m_pavlov

" Star Wars - Le réveil de la force " sortira le 16 décembre. Si le choix de JJ Abrams pour réaliser ce nouvel épisode, qui est déjà bien parti pour battre tous les records au box office, semble aujourd'hui évident, il n'en a pas toujours été ainsi. Disney, qui a racheté les droits de la saga, vient de révéler que six autres metteurs en scène avaient été approchés avant lui. Et comme vous allez le découvrir, chacun comptait livrer une version bien personnelle des nouvelles aventures de Luke Skywalker.

"La vie de R2D2" d'Abdellatif Kechiche

Au lendemain de sa Palme d'Or pour "La vie d'Adèle ", Abdellatif Kechiche rencontre les dirigeants de Disney au bar du Majestic à Cannes, qui lui proposent de plancher sur le nouvel épisode de " tar Wars". Deux mois après, le réalisateur rend une première version du scénario, qui laissera ses interlocuteurs dubitatifs. Dans "La vie de R2D2", Abdellatif Kechiche décide de s'attarder sur deux personnages phares de la saga : R2D2 et C3PO, en faisant naître une histoire d'amour passionnée et interdite entre eux.

Point d'orgue de cette version : une scène de sexe de dix minutes entre les deux robots. Abdellatif Kechiche déclarera dans le magazine "Sciences et vérandas" : "Je voulais filmer une scène de sexe non simulée entre R2D2 et C3PO. Leur attirance a toujours été une évidence pour moi, mais elle n'a jamais exploitée par ce puritain de George Lucas. Je voulais que cette scène sente l'huile et les boulons qui grincent. R2D2 aurait poussé des biip de désir, à lui dévisser sa tête tournante. Et Chewbacca les aurait rejoint à la fin, complètement à poil."

Disney craignant une interdiction aux moins de 18 ans, le projet d'Abdellatif Kechiche sera relégué aux oubliettes de l'histoire du cinéma.

 

"Star Wars : Le jour de l'Explosion" de Roland Emmerich et Michael Bay

Quand le réalisateur d'"Independance Day" et celui de "Transformers" décident d'unir leur talent, on peut s'attendre à un Star Wars de haut niveau. Si Disney a finalement décidé de se passer de cette alliance unique, il reste néanmoins le script écrit par Emmerich et Bay, qui a fuité sur internet. Nous vous en livrons sa traduction complète : "Tandis que Han Solo va tout faire péter, Luke Skywalker, de son côté, va tout faire péter. Mais c'est sans compter sur la Princesse Leïa, qui va tout faire péter. Chewbacca, lui, décide de tout faire péter, alors que Yoda choisit de tout faire péter. R2D2 fait tout péter, et C3PO fait tout péter. A la fin, tout le monde fait tout péter".

On retrouve bien là la finesse et le sens de la nuance si chers aux deux réalisateurs.

 

"La Grève des Etoiles" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Un choix étonnant que celui des frères Dardenne pour reprendre en main la saga de George Lucas, et qui restera malheureusement au stade de projet. Dans leur version, les deux réalisateurs liégeois avaient décidé de se concentrer sur la reconstruction de l'Etoile Noire, qui donnait lieu à des conflits entre le maître de chantier et des ouvriers d'origine étrangère, venus de la galaxie de l'est. Yoda se retrouvait par ailleurs au chômage, et Chewbacca ouvrait une friterie sur la planète Tatooine, "Chez Chewie". Entièrement filmé à l'épaule, "La grève des étoiles" avait l'ambition d'être le premier film de science-fiction social. Il n'en sera rien. C'est regrettable.

 

"A Jedi prochain" de Maïwenn

Les négociations entre Disney et la réalisatrice française Maïwenn ont failli déboucher sur ce "A Jedi prochain". Dans la version de Maïwenn, la Princesse Leïa traversait une crise de couple violente avec Han Solo, et ils passaient deux heures à s'engueuler, se séparer, se réconcilier, fumer des cigarettes, s'engueuler, se séparer, se réconcilier, fumer des cigarettes... A la fin, ils se séparaient pour de bon, en se battant pour obtenir la garde de Chewbacca.

Film de science-fiction oblige, le couple ne partait pas en claquant des portes, mais en les laissant coulisser d'elles-même sur leur passage, ce qui déforçait un peu la tension dramatique constante entre les personnages. Et dans une scène, Leïa cassait des soucoupes. Volantes. Avec ce "A Jedi prochain", Maïwenn voulait faire une oeuvre forte, pleine de cris, de bruits, de violences, de colères et d'hystérie. Très différente de ses films précédents, on l'aura bien compris.

 

"Le sixième Sith" de M Night Shyamalan

C'est le réalisateur du "Sixième sens" qui a lui-même contacté Disney pour proposer de réaliser le prochain Star Wars. Après avoir été obligé de répéter plusieurs fois son nom de famille à la standardiste, Shyamalan a enfin décroché un rendez-vous, où il a proposé une version très originale du nouvel épisode, basée sur un retournement de situation final dont lui seul a le secret.

Dans "Le sixième Sith", on découvre en effet à la fin que c'est en réalité Luke Skywalker qui est le père de Dark Vador, et non l'inverse. Comment est-ce possible ? Shyamalan a trouvé une astuce scénaristique peu courante : le Faucon Millenium est équipé dans l'épisode VII d'un convecteur temporel, qui lui permet de voyager dans le temps. Luke Skywalker en profite pour retourner dans le passé, séduire sa grand-mère, et donner naissance à Anakin Skywalker, qui deviendra Dark Vador le jour où il apprend de la bouche de sa soeur cachée, Anabarbie Skywalker, que son fils Luke est en réalité son père.

Emballé par son idée, Shyamalan développe dans la foulée le scénario de l'épisode suivant de Star Wars, le VIII, dans lequel Han Solo et Chewbacca utilisent à leur tour le convecteur temporel pour retourner cette fois en 1999, et flinguer George Lucas avant qu'il ne réalise les épisodes I, II et III, et ainsi empêcher ces trois films pourris – et en particulier le personnage de Jar Jar Binks - de ruiner la légende de la saga originelle.
Ce faisant, les épisodes IV, V et VI deviennent les épisodes I, II et III, et les épisodes VII et VIII de Shyamalan deviennent les épisodes IV et V.

Si Shyamalan était particulièrement enthousiasmés par son projet, les pontes de Disney ont vidé un tube d'aspirine, et ont jeté le réalisateur par la fenêtre avant la fin de la réunion. Le bâtiment étant au rez-de-chaussée, M Night Shyamalan s'en est sorti sans aucune blessure, et s'en est allé tourner "The visit", un film tellement prévisible et mal joué que même George Lucas n'aurait pas osé le réaliser.

Quant à la standardiste de Disney, elle est toujours persuadée d'avoir eu en ligne un certain M Night Chamallow.

 

"Etoile" de Michael Hanneke

Deux jours après sa Palme d'Or pour "Amour", Michael Hanneke rencontre les dirigeants de Disney dans le carré VIP du concert de Patrick Sébastien au club de rugby de Brive-La-Gaillarde. Hanneke est en effet un grand fan des chansons de Sébastien. Il lui avait même proposé de composer la chanson de fin de "Amour". Malheureusement, les producteurs de Hanneke lui déconseilleront de mettre au générique le morceau de Patrick, une belle balade romantique intitulée "De l'amour avec des poils autour".

Hanneke se lance dans sa version de Star Wars, qu'il décide d'appeler sobrement "Etoile". Entièrement filmé dans le Faucon Millenium, "Etoile" s'attarde sur les derniers jours de vie de couple de Han Solo et de la Princesse Leïa, qui décident de mourir ensemble. Une oeuvre lourde et sensible, marquée par l'incontinence de Han Solo et l'Alzheimer de Leïa. Scène marquante du film : Leïa confond Chewbacca avec un caniche géant, et lui lance à de nombreuses reprises un sabre laser pour qu'il lui rapporte.

Devant la noirceur du récit, Disney décide de se passer du talent du réalisateur autrichien, qui se consolera en réalisant le nouveau clip de Patrick Sébastien, "Tire sur mon doigt, ça fera tralala".