Les 5 règles pour réussir l'adaptation BD au cinéma

Christian Clavier en Comte de Champignac: une ressemblance troublante...
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Christian Clavier en Comte de Champignac: une ressemblance troublante... - © Tous droits réservés

De Astérix à Gaston Lagaffe en passant par Boule et Bill ou Lucky Luke, les adaptations de bandes dessinées par le cinéma français pullulent depuis quelques années. Nous avons analysé en profondeur tous ces films, et nous en avons retiré les 5 règles essentielles à suivre pour réussir vous aussi une adaptation de BD au cinéma. 

Règle numéro 1 : Choisissez avec intelligence votre sujet

Toute bande dessinée est adaptable en film. C'est en tout cas ce que semblent penser les producteurs français. Sinon on ne se taperait pas toutes ces daub... belles transpositions sur grand écran. Mais pour être certain de mettre toutes les chances de votre côté, pensez à respecter trois critères essentiels dans le choix de votre sujet de départ.

Critère numéro un : choisissez une bande dessinée belge.

Le Belge est gentil, c'est bien connu. Vous pouvez donc adapter un Gaston ou un Boule et Bill en piétinant joyeusement tout ce qui faisait le sel de l'oeuvre originelle, le Belge n'en fera pas un drame. Car le Belge, contrairement au Français, ne fait pas de polémiques avec tout et n'importe quoi. Il sait que la vie est courte, et qu'il faut mieux la passer autour d'une bonne bière en terrasse avec des amis rigolards plutôt que sur un plateau télé à défendre ta bouse de film face à Christine Angot, dont la joie de vivre équivaut au niveau de démocratie d'une élection en Egypte.

Critère numéro deux : adaptez un dessinateur mort.

On a tendance à l'oublier, mais le dessinateur mort se plaint rarement quand on détruit allègrement son oeuvre en la transposant sur grand écran. A-t-on entendu Franquin rouspéter quand PEF a fait caca sur son génial Gaston ? Non. Et pour cause : il est mort. Alors certes, sa fille s'est plainte ouvertement du massacre. Mais vous aurez anticipé le problème en vous assurant que ce n'est pas elle qui détient les droits d'adaptation de la bande dessinée, mais des personnes dont la vision artistique s'arrête là où commence celle de leur compte en banque.

Critère numéro trois : ne transposez pas un album original.

Pourquoi vous contenter d'adapter un seul album génial quand vous pouvez faire tellement mieux ? Pensez donc à mélanger différents ingrédients puisés de-ci de-là dans l'ensemble des albums parus, afin d'obtenir un résultat bien plus riche, plus foufou, plus original. Prenez le film "Les aventures de Spirou et Fantasio". Il n'est pas directement tiré d'un album épatant comme "Spirou et les héritiers", "Le dictateur et le champignon", "Z comme Zorglub" ou "QRN sur Bretzelburg". Non, non, non. Le producteur a eu la bonne idée de faire un film tout nouveau, avec plein de trucs pris à gauche à droite dans les albums. Et on voit le résultat : le film est formid... le film est un film. Ça s'appelle le talent. Ça s'appelle le génie...

Règle numéro 2 : Captez l'esprit de la bande dessinée

Comment faire en sorte que votre film soit fidèle à l'esprit de la bande dessinée ?

Devez-vous faire attention aux personnages ? A l'histoire ? Au rythme ? Non, non, mille fois non. Pour être fidèle à l'oeuvre de base, pensez aux... COULEURS !

Eh oui, dans une bande dessinée, il y a plein de couleurs. Alors, quand vous adaptez une BD, mettez des couleurs, nom di doum ! Plein de couleurs. Parce que les couleurs, ça fait bande dessinée.

Prenez l'adaptation de "Benoît Brisefer : les taxis rouges". Dans le film, les taxis rouges sont bien rouges. Les costumes verts sont bien verts. La veste jaune de Monsieur Dussiflard (Gérard Jugnot, au sommet de son art) est bien jaune. Et l'écharpe bleue de Benoît est bien bleue.

Résultat : on se dit tout de suite que l'adaptation est fidèle à la bande dessinée. Et c'est pour ça que le film a été un triomp... que le film a été un film.

Règle numéro 3 : Soignez votre casting

Adapter une bande dessinée, ça coûte cher. Il y a des décors. Des costumes. De l'action. Des personnages qui bougent dans tous les sens. Qui font plein de choses. Bref, tout ce qui va à l'encontre du cinéma français traditionnel. Alors, pour réduire vos coûts, ne prenez pas des vedettes pour les rôles principaux. Trucmuche dans le rôle de Gaston, c'est nickel. Le pull vert fera largement le boulot. Machinbrol dans le rôle de Spirou, pareil. Le costume de groom attirera toute l'attention.

Si vous adaptez une BD avec un enfant en personnage principal, c'est encore mieux. L'enfant ne coûte pas trop cher, on peut gérer son ego, il mange de tout à la cantine, pas besoin d'une grande caravane, un coffre de voiture suffit, et il dit même merci à la fin de la journée.

Attention ! Si vous ne devez pas prendre de vedettes dans les rôles principaux, il vous en faudra malgré tout pour vos seconds rôles. Sinon pas de promo sur les plateaux télé.

Point capital : si vous adaptez une bande dessinée comique, prenez des acteurs comiques. L'acteur comique rend toujours bien en télé. Bref, prenez Christian Clavier. Ça peut tout jouer, le Christian Clavier. Un Astérix, un Comte de Champignac ou même un Pépé dans l'adaptation à venir de la BD Cédric.

Un Kev Adams fera aussi l'affaire. Car le Kev Adams est un Christian Clavier jeune, mais avec le niveau de jeu d'un Christian Clavier vieux.

Sinon, misez toujours sur un bon Franck Dubosc (pléonasme) ou un bon Kad Merad (idem). Le Franck Dubosc et le Kad Merad sont à l'adaptation BD au cinéma ce que la personne de petite taille est à Fort Boyard : ça passe partout.

Règle numéro 4 : Préparez au mieux la promotion de l'oeuvre

Il ne suffit pas de réaliser une adaptation de qualité pour faire venir le public en salle. Il faut encore savoir en parler. Veillez donc à bien dire lors de votre tournée promo à quel point vous avez du respect pour la bande dessinée de départ. Prononcez des phrases comme "Je voulais faire un film que Roba aurait été fier de voir" ou "Je lisais Iznogoud quand j'étais petit", qui donneront poids et crédibilité à votre travail.

Et pour faire face aux éventuelles critiques assassines, n'oubliez pas les deux réponses de circonstance : "Une adaptation est toujours une trahison", qui permettra de justifier votre boucherie visuelle et scénaristique, et "C'est un film pour les enfants", parce que c'est bien connu, les enfants, ça n'a pas de goût, tu leur mets une assiette de caca sous le nez, ils la mangent, alors pareil pour un film. Convient aussi avec la phrase "C'est un film pour la famille".

Règle numéro 5 : Ne perdez jamais de vue la raison principale de votre adaptation

Le pognon.