Le BIFFF, c'est le kifff

L'ambiance au BIFFF
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L'ambiance au BIFFF - © Roland Jalkh

Ca y est, c'est reparti. Le BIFFF est de retour pour sa 35ème édition à Bozar, du 04 au 16 avril. Vous ne connaissez pas encore le BIFFF ? Suivez le guide...

Le BIFFF, c'est le kifff. Comment décrire ce festival de cinéma à une personne qui n'y a jamais mis les pieds ? Imaginez une salle remplie d'un public bon enfant, qui interagit avec les films projetés, dans un esprit joyeusement potache.

Au BIFFF, quand vous voyez une pleine lune sur l'écran, toute la salle se met à pousser un hurlement de loup-garou.

Au BIFFF, quand un personnage ouvre une porte dans un film, toute la salle se met à crier " La porte !! "

Au BIFFF, quand l'héroïne prend le mauvais chemin et se dirige sans le savoir vers le tueur, toute la salle lui crie " N'y va pas ! "

Le BIFFF, c'est le kifff. Au BIFFF, quand un réalisateur ou un acteur monte sur scène pour présenter son film, il doit se soumettre à une tradition : chanter une chanson. Et il n'a pas intérêt à déroger la règle. Demandez à Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur d'Amélie Poulain. Quand il est venu se faire décorer de la chevalerie de l'ordre du Corbeau – une cérémonie où un invité d'honneur et d'horreur doit mettre un genou en terre pour être adoubé à l'épée  – il a pensé être plus malin que le public. Quand les BIFFFiens et les BIFFFiennes lui ont réclamé en chœur une chanson, l'ami Jeunet n'a pas voulu jouer le jeu, et a répondu à la salle par un bras d'honneur qu'il croyait drôle.
Il est ressorti sous les huées générales...

Le BIFFF, c'est le kifff. Un festival qui vous ramène aux origines du 7ème art, quand on dressait des tentes dans les villages et que les gens hurlaient quand le train filmé par les Frères Lumière rentrait en gare de La Ciotat, car ils pensaient que la locomotive allait sortir de l'écran et leur foncer dessus. Cette ambiance de kermesse, de spectacle, ce plaisir collectif, on le retrouve au BIFFF. Alors, si pour vous une séance de cinéma doit ressembler à une assemblée de prêtres dans " Des hommes et des dieux ", passez votre chemin...

Le BIFFF, c'est le kifff. Une ambiance indescriptible, des gens heureux de se voir, des aficionados qui ne rateraient l'événement pour rien au monde, des organisateurs passionnés par leur boulot qui passent leur année à courir le monde pour visionner la perle du gratin des pires et des meilleurs films fantastiques, d'horreur et policier pour nous en mettre plein la vue pendant quinze jours. Sans oublier une parade de zombies en plein Bruxelles, un bal des vampires, des concours de maquillage... et la présence du véritable siège de la série " Game of thrones " ! Ce qui est toujours plus rock 'n roll que la venue de la moto de Gérard Klein dans " L'instit ".

LE BIFFF, c'est le kifff. Et comme tout bon festival qui se respecte, des invités sont de la partie. Parmi eux, les fans du genre attendent la venue du réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook, à qui l'on doit notamment l'inoubliable "Old Boy", Grand Prix du Jury à Cannes en 2004. Ajoutez-y la présence de Alejandro Amenábar, réalisateur de "Ouvre les yeux", " Les autres " avec Nicole Kidman ou encore "Mar Adentro", qui remporta l'Oscar du meilleur film étranger, et vous saurez que vous pourrez côtoyer plus de pointures que dans un Shoe Discount.

Le BIFFF, c'est le kifff. L'an dernier, le festival avait fait parler de lui en étant contraint d'annuler en dernière minute la projection des "Visiteurs 3", à la demande de la Gaumont. On se réjouissait d'avance en imaginant les réactions des BIFFFiens pendant la projection. Eh bien, cette année, pour se rattraper, les organisateurs ont fait plus fort. Ils ont en effet décidé de ne sélectionner AUCUN film avec Christian Clavier, Kev Adams ou Franck Dubosc. Pas de "Gangsterdam – Le viol, c'est cool", de film débile de Boule, ou de "Tous les chemins mènent aux Roms". Si ça, ce n'est pas une preuve supplémentaire, que le BIFFF, c'est le kifff.

Le BIFFF, c'est le kifff. Un festival où on pourra notamment voir ou revoir un chef d’œuvre du film d'horreur : "Les yeux sans visage", réalisé par Georges Franju et sorti en 1960.

Dans un noir et blanc somptueux, servi par une musique magnifique de Maurice Jarre, "Les Yeux sans visage" raconte l'histoire d'un chirurgien (Pierre Brasseur) qui va tout tenter pour rendre un visage humain à sa fille défigurée (Edith Scob).

John Carpenter confiera que le masque blanc porté par Edith Scob dans le film de Franju sera une source d'inspiration pour le célèbre masque de Michael Myers dans "Halloween", et Pedro Almodovar plagiera allégrement le film dans son "La piel que habito", en disant qu'il s'agissait d'un hommage. Sacré Pedro.

Et un bonheur ne venant jamais seul, Edith Scob sera présente au BIFFF, et une rencontre sera organisée à l'issue de la projection. Rendez-vous le samedi 8 avril à 18h.

Le BIFFF, c'est le kifff. Et dans la centaine de films projetés, on attend avec impatience "Swiss Army Man", avec Daniel Radcliffe en cadavre transformé en jet ski sur une île déserte. Espérons que le film soit aussi cinglé que la bande annonce le laisse espérer... Projection le vendredi 7 avril, à 22h30.

Le BIFFF, c'est le kifff. Car vivre tout cela dans le cadre prestigieux du Bozar, c'est un peu comme lâcher une armée de gremlins au palais royal pendant le discours de Noël de Philippe, ou balancer des chauves-souris assoiffées de sang pendant un conclave budgétaire.

Bref, je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais le BIFFF, c'est vraiment le kifff.

 

Christophe Bourdon

 

Le BIFFF, c'est du 4 avril au 16 avril à Bozar, et c'est ouvert à tout le monde. Alors, comme on dit sur place avant chaque séance : " Welcooome ! "