Christian Clavier : "Bon, je vous laisse, je dois aller faire l'émission de Cyril Hanouna.."

Christophe Bourdon aime la comédie à la française..
Christophe Bourdon aime la comédie à la française.. - © RTBF

La bande annonce de " Les Visiteurs : La Révolution " vient d'être dévoilée, et elle nous promet un film riche en gags, en rires francs et en situations rocambolesques. Nous avons pu rencontrer en exclusivité Christian Clavier, qui lève un coin du voile sur LA comédie de 2016.

 

Christian Clavier, merci de nous recevoir.

C'est toujours un vrai plaisir pour moi de faire la promotion d'un film. J'adore les gens, j'adore les journalistes. Vous avez vu ? Je commence fort, hein ! Plus drôle que ça, on va avoir du mal.

Le troisième volet des Visiteurs sort donc dans quelques jours. Mais est-ce qu'il ne s'agit pas plutôt du 4ème épisode, vu qu'après le 2, vous aviez tourné "Les Visiteurs en Amérique" ?

Non, non, il s'agit bien du troisième volet. Il n'y a jamais eu de film tourné en Amérique.

Quoi ? Mais si. Je l'ai vu.

Je ne vois pas de quoi vous parlez. Enchaînez, mon vieux, enchaînez.

M'enfin, attendez... C'était une catastrophe, ce film ! Pour vous dire à quel point c'était pas drôle, à côté, "Les visiteurs 2", c'était drôle.

Bon, je vous laisse, je dois aller faire l'émission de Cyril Hanouna. Lui, au moins, il dira que le film est formidable, qu'il va cartonner, que c'est un bonheur de retrouver Jacquouille la fripouille, et qu'on rit du début à la fin.

Ah mais je n'ai pas dit que "Les Visiteurs : La Révolution" n'était pas drôle !

Ah ben, dites-le, alors !

Qu'il n'est pas drôle ?

Vous l'avez vu ?

Le film ?

Ben oui, suivez un peu, mon vieux.

Non. J'ai vu la bande annonce.

Et alors ?

Elle est pas drôle.

Bon, je vous laisse, je dois aller faire l'émission d'Arthur. Lui, au moins, il dira que le film est formidable, qu'il va cartonner, que c'est un bonheur de retrouver Jacquouille la fripouille, et qu'on rit du début à la fin.

Le film est drôle ?

Aussi drôle que les films précédents.

Aïe...

En même temps, on a glissé un indice dans la bande annonce. Jean Reno dit : "C'est de la merdasse royale". Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus.

Que verra-t-on de plus que dans la bande annonce ?

Non, il y a un malentendu. Le film, c'est la bande annonce.

Euh... Je ne comprends pas.

Normal, vous êtes journaliste. Je dis que le film, c'est la bande annonce. Le film dure une minute quatorze. Jean-Marie Poiré a toujours aimé faire des scènes très courtes, très découpées. Je pense que là, il s'est surpassé.

Vous plaisantez ?

Non, non. A la base, le film faisait une heure quarante. Puis on a décidé de couper avec Jean-Marie tout ce qui ne fonctionnait pas. Et on est arrivés à ce résultat d'une minute quatorze. C'est jeune ! C'est dynamique ! On est à l'heure du zapping, mon vieux, il faut pas lasser les gens !

J'en reviens pas...

Mais non, je déconne ! Evidemment que le film est plus long.

Ah... Je pensais vraiment que vous vous étiez rendus compte que le film n'était pas drôle et que vous l'aviez ramené à une minute quatorze.

Vous pensez bien que si j'avais un peu de discernement et de lucidité, je ne l'aurais même pas tourné, ce film. Comme je n'aurais pas tourné "Les Bronzés 3". Et "Les Visiteurs 2". Et "Babysitting 2". Et "Les Profs". Et "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu". Et "On ne choisit pas sa famille".

Vous auriez tourné quoi, alors ?

En y réfléchissant bien, si j'étais vraiment lucide, j'aurais arrêté ma carrière après "Le Père Noël est une ordure".

Revenons aux Visiteurs. Le film se déroule à l'époque de la Terreur.

Oui, et c'est ce qu'on ressent pendant toute la projection.

Et on retrouve au casting des grands noms de la comédie comme... euh... Et il y a aussi Franck Dubosc, Frédérique Bel et Ary Abittan.

Oui, je sais ce que vous allez me dire : pourquoi il n'y a pas Kev Adams ?

Non, je n'allais pas le dire.

Et je vais vous répondre : il avait d'abord dit oui, mais entre-temps, il a appris à lire, et il nous a annoncé qu'il préférait tourner "Les nouvelles aventures d'Aladin". J'ai évidemment été un peu triste, mais ce qui compte au final, c'est que le public a droit, grâce à son choix artistique, à encore plus de comédies française de haut niveau, riches en acteurs de talent et en effets spéciaux ébouriffants. Tremblez, messieurs les Américains !

Ils l'ont déjà fait en voyant "Les Visiteurs en Amérique"..

Attention, vous recommencez à être désagréable.

Je plaisantais. Les Américains n'ont évidemment pas tremblé en voyant le film.

Je préfère ça.

Puisqu'ils ne sont pas allés le voir.

Bon. On peut m'amener un vrai journaliste qui dira du bien de moi ?

Cela dit, Après "Les Visiteurs en Amérique"...

Les quoi ?

... vous aviez annoncé que vous renonciez à tourner une nouvelle suite. Et Jean Reno avait déclaré pour sa part qu'il redoutait une suite de trop.

Oh, ça, il aurait pu le dire après le numéro 2.

Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

C'est justement Jean Reno qui m'a convaincu de m'y remettre. Il m'a dit "Tu sais, Christian, j'ai des traites à payer, et ça doit bien faire dix ans que j'ai plus tourné dans un film un peu potable qui a eu du succès." C'est pour ça que j'ai accepté. Pour qu'il s'y retrouve dans ses calculs, Reno.

Jeu de mots !

Pardon ? Quel jeu de mots ?

Ben... Calculs, Reno.

Je ne comprends pas. Par contre, dans "Les Visiteurs : La Révolution", il y a deux excellents jeux de mots. A un moment, quelqu'un a dit à Robespierre "Et il est où, Jean-Marc Thibault ?" Et à un autre moment, quelqu'un dit : "Ce que Marat a repris, c'est ce que Marat donna".

Vous êtes sérieux ?

Est-ce que j'ai l'air drôle ?

Quels sont vos projets pour la suite ?

Ah, je peux vous dire que je maintiens la barre à un haut niveau. Là, je suis sur l'adaptation de la bande dessinée "Cédric", où je jouerai le rôle du Pépé. Et je partagerai l'affiche avec Audrey Lamy et à nouveau Frédérique Bel. Et quand j'aurai précisé que c'est avec le réalisateur du merveilleux "SMS", dont tout le monde se souvient, je pense que vous comprendrez qu'on va toucher au génie.

Ça donne envie.

N'est-ce pas ? Et je suis aussi sur "Les plombiers", réalisé par PEF. Après "Les Profs", il a eu une idée brillante : faire un film sur les plombiers. Il y a plein de gags où on voit la raie des fesses, c'est à tomber par terre. Je tanne d'ailleurs PEF pour qu'il lance d'autres projets comme "Les avocats", une comédie dans le milieu des avocats, "Les dentistes", une comédie dans le milieu des dentistes ou "Les experts-comptables", une comédie dans le milieu des experts-comptables. Vous l'aurez compris : la comédie française a encore de beaux jours devant elle.

 

Christophe Bourdon

 

Ndr : Toute ressemblance avec une véritable interview de Christian Clavier serait franchement pas de bol.