Crever d'amour

Crever d'amour
Crever d'amour - © Rideau de Bruxelles

Dans un pays d’Afrique, au lendemain de la guerre civile, un nouveau pouvoir tente de s’imposer. Au nom de la modernité, il fait table rase de l’ancien régime, des croyances traditionnelles et séduit une jeunesse avide de jouissance et de liberté. Une adolescente refuse ce déni d’histoire. Elle veut redonner la parole aux morts. Elle s’appelle Antigone.

L’auteur belge, Axel Cornil, vingt-six ans, interroge les valeurs de la civilisation occidentale en revisitant un de ses mythes fondateurs : Antigone de Sophocle. Frédéric Dussenne et le chorégraphe burkinabé Serge Aimé Coulibaly réunissent des acteurs belgo-africains pour réinventer la tragédie antique.

Le monde se radicalise autour de deux politiques majeures. Celle du néolibéralisme, du marché dérèglementé, et celle du repli communautaire, notamment l’identité religieuse. Créon et Antigone pouvaient incarner cette bipolarité des conflits mondiaux. Par ailleurs, nous vivons un trouble en Occident de la mémoire et du rapport à nos morts. Ce dont parle Antigone, c’est comment construire un État qui ne nie pas tout. J’écris un texte qui parle de notre jeunesse, de notre colère. Axel Cornil

Crever d’amour propose une lecture du mythe où la jeunesse arrive au premier plan. Le chœur cette fois n’est plus composé des vieillards mais d’adolescents. C’est la fin de la guerre civile, les jeunes guerriers de notre tragédie ont survécu aux massacres. Ils font la fête sur les ruines. À même le champ de bataille. Une fête violente. Excessive. Dangereuse. La bière coule à flots. Le désir est sauvage. Incontrôlé. Ça manque de femmes. Ça se sent. Ils n’ont presque plus de mots, plus de langue. Ils veulent jouir. Rien d’autre. C’est leur lot. Ce qui leur est laissé par le pouvoir. Ils n’ont pas de passé, ne veulent plus entendre parler d’Histoire. Ils vivent dans l’illusion tyrannique du présent éternel. Frédéric Dussenne

Écriture Axel Cornil / Mise en scène Frédéric Dussenne.

Avec Salomé Crickx, Nathan Damna, Trestin Darkwa, Mohamed Gadio, Frédéric Gisaro, Néhémie Lusakumunu, Virgile M’Fouilou, Maxime Mutshipay, Evariste Ouili, Consolate Sipérius, Issaka Tapsoba, Jérémie Zagba.
 

Infos pratiques :
En raison des prochains travaux de rénovation, le Rideau poursuit sa saison dans d’autres théâtres bruxellois.
Crever d’amour du 14 > 25.02, sera présenté au Jacques Franck (94 chaussée de Waterloo / 1060 Bruxelles).
Réservation 02 737 16 01 /www.rideaudebruxelles.be