Arctic Monkeys à Forest : l'armée des 4 singes

Scintillants Arctic Monkeys samedi soir à Forest National
Scintillants Arctic Monkeys samedi soir à Forest National - © © RTBF – Dimitri Van Eetvelde - 2013

Ambiance survoltée hier soir à Forest National avec un de groupes qui fait l'actu en cette fin d'année. Un concert qui montre toute la maturité musicale et scénique des Anglais. Verdict.

Forts d'un somptueux 5 ème album (AM) sorti à la rentrée et qui cartonne dans les charts, les singes de l'Arctique arrivaient presque en terrain conquis dans la salle bruxelloise. Restait à confirmer on stage.

D'entrée de jeu, un des titres phare du dernier opus Do I wanna know ? lancé sur fond d'immenses lettres initiales du groupe "A - M" qui s'illuminent en électrocardiogramme. Visuellement impressionnant de gigantisme et de luminosité tout au long. Ca s'enchaine avec I want it all. Du stoner rock bien lourd, héritage de leur collaboration désormais régulière avec Josh Home, leader des Queens of the Stone Age. La tempête de décibels continue avec Brian storm. Enorme pogo dans l'assemblée. Ca démarre fort !

 

Alex Turner assume plus que jamais son nouveau style de dandy gominé, en costard country cintré. Il sait du coup aussi se la jouer crooner avec des titres plus calmes comme Don't sit down cause I moved your chair, Crying Lightning et One for the road dernier single en date. Le chanteur demande à l'audience si elle aime le dernier album. Cri du cœur spontané avant deux nouveaux extraits de celui-ci : Fireside et le tube Why'd you only call me when you're high.

 

Après ce passage plus calme, retour de l'artillerie lourde avec la batterie tonitruante de Matt Helders sur le fantastique morceau Arabella enchainé avec un titre qui a réconcilié beaucoup de monde avec le rock n'roll dès sa sortie en 2005 dans une période quasi creuse: I bet that you look good on the dance floor. A chaque fois le même uppercut en pleine poire. Phénoménal hymne dont le groupe semble encore très fier et ne se lasse pas de faire exploser en live. Il aurait bien tort d'ailleurs...

 

Après les bourrasques, le quart d'heure américain. 3 slows s'enchainent : le langoureux Cornerstone, la petite perle N°1 Party Anthem et Piledriver Waltz. C'est plaisant, mais ça casse un peu le rythme qui jusque-là était magnifiquement nuancé entre le rock couillu et les ballades plus calmes. Fluorescent adolescent relance un rien la machine, mais la première partie se cloture à nouveau dans une ambiance de lover avec I wanna be yours et des boules à facettes géantes qui plongent la salle dans une atmosphère de boum des années 80.

 

Le rappel sera un rien décevant avec des choix étranges comme ce Snap out of it un peu sorti de nulle part et une drôle de version de Mardy Bum. Mais les grands groupes savent assurer leur sortie en beauté. Turner, charismatique (pour ne pas dire christique) lance la question : "Brussels I'm yours but are you Mine ?" Dernière communion avec la salle de Forest qui, malgré les éternelles agressions acoustiques pour nos oreilles, aura été un chaudron bien bouillant pour des Monkeys plus matures, fringants et au point que jamais.  

 

David Salomonowicz