Un cinéma sud-coréen en crise, malgré la Palme d'or

La ville portuaire sud-coréenne de Busan déroule jeudi le tapis rouge pour le plus grand festival du film d'Asie.
La ville portuaire sud-coréenne de Busan déroule jeudi le tapis rouge pour le plus grand festival du film d'Asie. - © Ed JONES / AFP

La ville portuaire sud-coréenne de Busan déroule jeudi le tapis rouge pour le plus grand festival du film d'Asie, dans un contexte de crise pour l'industrie cinématographique locale, malgré la Palme d'or obtenue cette année par "Parasite" du réalisateur Bong Joon-Ho.

Drame familial et thriller sur les inégalités sociales mêlé de comédie, "Parasite" a triomphé en mai au festival de Cannes, en France, et est cité parmi les favoris pour l'Oscar l'année prochaine, ce qui serait une première pour un film sud-coréen. Il a été vendu sur 192 marchés internationaux, un record pour un film sud-coréen, et a déjà engrangé 90 millions de dollars de recettes, avant même sa sortie le 11 octobre aux États-Unis. Cette Palme d'or a consacré M. Bong, dont le travail est encensé par ses pairs, notamment par l'Américain Quentin Tarantino, qui est de longue date un habitué du Festival international du film de Busan (Biff).

Premier festival d'Asie, ce rendez-vous annuel a pour but de dénicher les nouveaux talents indépendants du continent et de mettre en contact les réalisateurs avec les financiers potentiels. Mais à en croire son directeur des programmes Nam Dong-chul, le triomphe de "Parasite" vient "occulter la crise" profonde de l'industrie cinématographique sud-coréenne. À l'en croire, mécènes et producteurs, dont le rôle est crucial pour la promotion des œuvres indépendantes, sont de plus en plus attirés par les blockbusters hollywoodiens. "Nous avons été fainéants quand il s'est agi d'assurer une assise solide pour les nouveaux talents", regrette-t-il. "Nous ne pouvons jouir pleinement des opportunités que si les films indépendants et artistiques ont une part de marché stable."

Une édition qui ne manquera pas de célébrités

M. Bong n'est pas programmé lors de cette édition du Biff, qui se tiendra du 3 au 12 octobre, mais elle ne manquera pas de célébrités. Sont notamment attendus l'acteur franco-américain Timothée Chalamet et le musicien indien A. R. Rahman, qui avait obtenu l'Oscar de la meilleure musique pour "Slumdog Millionaire". Le jury de la principale catégorie est présidé par le réalisateur de "Leaving Las Vegas", Mike Figgis, tandis que le Japonais Hirokazu Kore-Eda, Palme d'or en 2018 pour "Une affaire de famille", viendra récupérer le prix du réalisateur asiatique de l'année et présenter "La Vérité", son dernier long-métrage.

Le festival débutera jeudi avec, en ouverture, la projection du film "The Horse Thieves. Roads of Time" du réalisateur kazakh Yerlan Nurmukhambetov, dans lequel joue sa jeune compatriote Samal Esliamova, qui avait été récompensée à Cannes en 2018 du prix d'interprétation féminine, pour sa performance choc dans "Ayka", de Sergueï Dvortsevoï. Lors de son précédent passage au Biff, en 2015, Yerlan Nurmukhambetov avait été primé dans la catégorie Nouveaux Talents pour "Walnut Tree".

Au total, 303 films de 85 pays différents seront projetés lors de ce 24e Festival de Busan. Parmi eux, la première mondiale du dernier Eric Lartigau, "#Jesuislà", avec Alain Chabat, attendu sur les écrans français en 2020.