Un cinéaste indonésien reçoit le Léopard d’Or du Festival du film de Locarno

La 74e édition du Festival du film de Locarno (Suisse) a décerné samedi le Léopard d’Or au cinéaste indonésien Edwin pour son film "Vengeance Is Mine, All Others Pay Cash", qui se penche sur la question du machisme.

Présenté en première mondiale à Locarno, le film dresse avec humour le portrait dun jeune homme impuissant et en colère, qui aime la bagarre et tombe amoureux d’une femme après s’être battu avec elle, pendant les années 1980 en Indonésie.

 

Edwin n’était pas présent lors de la cérémonie de remise des prix parce qu’il était déjà retourné en Indonésie.

S’exprimant dans une vidéo publiée par les organisateurs du festival, il s’est réjoui de recevoir le prestigieux prix : "C’est du bonheur, c’est un beau soutien et ça motive. Nous avons besoin de cette énergie dans cette période pas si facile que ça."

"Le cinéma indonésien est encore jeune. C’est aussi le cas de la plupart des cinémas de la région. Je me sens lié à toute la région de l’Asie du Sud-Est parce que nous sommes plus ou moins confrontés aux mêmes problèmes : la censure et la violence", a-t-il dit.

"Je pense que je parle au nom de mes amis qui sont également dans cette région. Nous sommes très heureux de voir notre cinéma se développer. Et même dans cette période très difficile, nous pouvons trouver l’énergie pour rester ensemble […] et en même temps critiquer et trouver ce qu’il faut faire pour faire face à nos problèmes à travers le cinéma", a-t-il ajouté.

Il s’agissait de la première édition du festival sous la direction de Giona Nazzaro, la Française Lili Hinstin ayant quitté l’an dernier la direction artistique après des "divergences stratégiques" moins de deux ans après avoir pris ses fonctions.

Pour clore cette 74e édition (4-14 août), un prix – le Lifetime Achievement Award – est attribué au grand maestro Dario Argento pour son œuvre et son interprétation surprenante dans Vortex du réalisateur argentin Gaspar Noé, un film sur la fin de vie dévoilé hors compétition vendredi à Cannes (France).

Ce film poignant montre avec les codes du documentaire la lente décrépitude d’un couple âgé touché par la maladie d’Alzheimer.