Rêver sous le Capitalisme, ou le cauchemar du monde néolibéral

Rêver sous le capitalisme
Rêver sous le capitalisme - © DR

Sophie Bruneau avait abordé en 2005 la souffrance au travail en co-réalisant avec Marc-Antoine Roudil le documentaire Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés. Elle aborde une fois de plus le monde de l’entreprise dans un film qui sonde les rêves suscités par le néolibéralisme.

Douze personnes invisibles à l’écran ou face caméra racontent leur rêves qui ont trait à leur travail générant stress et angoisse. L’un tombe de sa chaise et prend place sur une civière. L’autre découvre les fenêtres de son bureau murées. Un employé rêve de tuer le manager. Une médecin généraliste voit sa boîte crânienne ouverte ; des chaises installées dans son cerveau sont occupées par des personnes qui puisent avec des cuillères profondément … Les paroles fortes sont associées à des images qui accentuent la dimension critique du néolibéralisme. La caméra souvent fixe filme la façade vitrée d’une boîte dont la transparence cache plus qu’elle ne révèle la logique du capitalisme. Un travelling découvre un mess d’entreprise au design aseptisé.  Un chantier urbain bascule dans le crépuscule ou une nappe d’eau brasille sous une lumière artificielle. Les visions empruntent à la syntaxe des rêves par l’utilisation d’un temps qui s’étire et d’une action en attente. Les effets par trop subtiles agissent peut-être de manière subliminale, mais l’image parvient rarement à amplifier la portée des mots.

L’intérêt de ce documentaire sonore réside dans l’utilisation des voix et des bruits qui traduisent parfaitement le cauchemar du monde néolibéral.

Rêver sous le capitalisme sort en salle ce mercredi 12 septembre.

La bande-annonce