Retour en salles du chef-d'oeuvre énigmatique d'Andreï Tarkovski, "Le Miroir"

Retour en salles du chef-d'oeuvre énigmatique d'Andreï Tarkovski, "Le Miroir"
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Retour en salles du chef-d'oeuvre énigmatique d'Andreï Tarkovski, "Le Miroir" - © Lumiere

Sorti en 1975, le film-poème du cinéaste soviétique revient dans les salles belges dans une version restaurée. 

Celles et ceux qui ont vu ses réalisations le savent : les films d'Andreï Tarkovski ne sont pas particulièrement faciles d'accès. Au travers de sa courte carrière (3 courts et 7 longs-métrages), le cinéaste soviétique ("Andreï Roublev", "Solaris") a créé une œuvre complexe et ardue, mais aussi très stimulante : chacun de ses films est une invitation à explorer de nouveaux horizons cinématographiques et à réfléchir à notre rapport au monde. 

De tous ses films, “Le Miroir” est peut-être le plus difficile à déchiffrer, sans doute parce qu'il s'agit de son œuvre la plus personnelle. Mêlant souvenirs de son enfance, poèmes, images d'archives et rêveries, le long-métrage d'Andreï Tarkovski n'obéit pas à une narration linéaire. On serait d'ailleurs bien en peine d'en faire un résumé digne de ce nom. Tout au plus peut-on dire qu'il y est question d'un homme nommé Aliocha (dont on ne verrait jamais le visage) qui, à l'approche de la mort, se remémore son passé et se confronte au présent. 

Suivant le flux de son esprit, le film nous fait traverser certains moments-clés de sa vie, et de la vie de ses proches (souvent joués par les mêmes acteurs). Il est difficile de faire la part du vrai et du faux, entre le souvenir et le rêve, le passé et le présent, mais ces distinctions ont moins d'importance que ce que les images et les sons du film nous font ressentir : la chaleur dévorante d'un feu qui brûle une maison, l'écoulement de la pluie sur les parois d'un mur, le contact d'une main sur la joue. Convoquant nos cinq sens, “Le Miroir” constitue, à plus d'un titre, un poème cinématographique. Tout le film est d'ailleurs accompagné par la voix d'Arseni Tarkovski, le père du réalisateur, qui lit plusieurs de ses poèmes.

S'il est difficile, voire impossible d'attribuer un sens définitif aux images et aux sons proposés par le cinéaste, force est de reconnaître que ce film intime et personnel possède un riche pouvoir d'évocation. 45 ans après sa sortie, il continue d'intriguer les cinéphiles du monde entier, qui le place régulièrement parmi les plus grands chefs-d'œuvre de l'histoire du septième art. 

Les spectateurs belges auront l'occasion de découvrir ou de redécouvrir le film cet été, puisqu'une version restaurée sortira dans les salles le 1er juillet.