Rencontre avec Alan Parker

Alan Parker
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Alan Parker - © ANDREW G COWIE - AFP

Président du jury lors du dernier Festival du film de Gand, Alan Parker a accepté de rencontrer Jean-Marc Panis, pour Tellement Ciné.

L'interview intégrale.

Jean-Marc Panis : Merci d’avoir accepté de nous rencontrer d’autant que je crois savoir que vous n’aimez pas trop les interviews …

Alan Parker : C’est vrai que je ne suis pas très fan.. Ça fait 40 ans que j’en fais et à la longue, je commence à en avoir marre de parler de moi-même.

Quel rôle le cinéma joue-t-il dans votre vie aujourd’hui ? En tant que professionnel mais aussi en tant que spectateur qui regarde et apprécie des films ?

Alan Parker : Je vais vous donner une réponse très surprenante : le cinéma n’est vraiment pas très important dans ma vie en ce moment. Ça a été le cas pendant 40 ans, mais je suis arrivé au point où je sature et j’en ai eu assez. Donc, je m’intéresse de plus en plus à d’autres choses. Je fais des dessins animés, je passe aussi beaucoup de temps avec mon art. Selon moi, les vieux réalisateurs ne font jamais de bons films. Il y a quelques exceptions évidemment, mais la plupart ne font jamais de très bons films, étant donné qu’ils ont tendance à se répéter ou ne sont tout simplement plus à la hauteur. Je ne voulais pas en arriver au point où j’aurais une crise cardiaque derrière une caméra !

Mais ce serait un peu glamour de mourir comme cela, non ?

Alan Parker : Glamour ? Ce n’est jamais glamour de mourir !

Donc, vous pensez avoir fait le tour du cinéma ? Ou est-ce que vous préférez justement ne pas faire en le tour ?

Alan Parker : Je n’ai sûrement pas fait le tour. Je pense que je n’ai fait que frôler la surface. En tant que réalisateur, j’ai utilisé la tendance américaine, ce qui n’est vraiment pas facile. A la fin, j’en ai tout simplement eu marre de toujours devoir suivre cette tendance, et me prendre des coups lorsque je le faisais. Je voulais avoir une vie un peu plus "civilisée", c’est pour cela que j’ai arrêté.

Malgré toutes les récompenses que vous avez reçues ? Des Oscars, des Bafta’s...

Alan Parker : Je vais faire une analogie : quand maintenant je travaille mon art, je ne le fais que pour moi. Je ne dois pas chercher à plaire à des gens de Hollywood. Je ne dois pas plaire à des chroniqueurs. Je ne dois même pas plaire au public. Je le fais juste pour moi. Et ça, ça fait toute la différence. Et puis, je fais ça tout seul, alors que réaliser un film, implique une grande équipe. C’est un art collaboratif, c’est très coûteux et ça prend beaucoup de temps. Ça me prenait deux ans pour réaliser un film. Après deux ans, on espère avoir fait un bon travail que les gens vont aimer. Et ça nous rend fou s’ils n’aiment pas. Alors qu’avec mon art, je m’en fous complètement s’ils aiment ou pas ! L’investissement est moins intense.

Vous évoquiez les difficultés pour réaliser un film. Est-ce que vous pourriez me donner un exemple ?

Alan Parker : Faire un film peut présenter différentes difficultés. . Ça peut être physiquement difficile, comme c’était le cas avec "Midnight Express". On tournait 6 jours par semaine dans une prison. Ce n’était pas toujours plaisant, et même un peu violent à certains moments. Donc évidemment, ça peut nous affecter. Ce n’était vraiment pas facile.

Est-ce que c’était aussi émotionnellement difficile ?

Pour "Midnight Express", non. C’était un de mes premiers films et je sentais l’adrénaline qui montait en moi. Les films qui présentent des difficultés émotionnelles sont ceux qui nécessitent de travailler avec des gens difficiles. Sur ce plan-là, "Pink Floyd The Wall" a été une de mes expériences les plus difficiles...

Je me souviens avoir vu ce film quand j’avais 14 ans et j’étais resté bouche bée. Pourquoi est-ce que c’était difficile pour vous ?

Alan Parker : D’abord, ce n’était pas un film facile à produire, et puis, ce n’était vraiment pas facile de travailler avec Roger Waters, vu que c’était un peu son bébé à lui. C’est un homme très compliqué, et donc le film le fut également. Je devais " prendre " The Wall et en faire ma propre version. Le tout était assez douloureux, et je n’ai vraiment pas aimé le faire. Aujourd’hui, j’en suis fier. Parfois, on peut réaliser un mauvais film alors qu’on se trouve dans de très bonnes conditions. Et parfois, lorsque qu’il y a confrontations entre des personnalités, le résultat peut être très bon.

Est-ce que Roger Waters a dit quelque chose après la sortie du film ?

Alan Parker : Bizarrement, il a bien aimé le film. Il en était très fier. Entre nous, il ne s’agissait pas nécessairement de problèmes créatifs. Nos problèmes venaient principalement de son ego, presque aussi gros que le mien.

Ça a été difficile de le convaincre d’accepter que Bob Geldof joue son rôle ?

Alan Parker : Pas vraiment non. Je lui ai tout simplement dit que je devais pouvoir faire le film que j’avais envie de faire. Roger Waters voulait sûrement jouer son propre personnage, mais ça n’aurait jamais été aussi bien que la performance de Bob Geldof.

La musique dans tous vos films est très importante. On peut notamment parler du succès énorme de "Evita". La musique est-elle un point de départ, ou est-ce plutôt aussi un "personnage" dans vos films ?

Alan Parker : Ça dépend du film. "Pink Floyd The Wal " a évidemment pris sa source dans la musique, vu que c’était un album à la base. "Evita" était avant tout une pièce de théâtre à succès. Donc, dans ces cas-là, la musique est venue avant tout le reste. Mais, dans mes autres films, la musique était créée en même temps que le film. C’était notamment le cas pour "Fame" et "The Commitments". La musique n’existait pas avant le film. Elle a fait partie du processus organique de l’histoire.

C’était de la musique que vous aviez en tête pendant l’écriture du film ? Ou plutôt une musique travaillée après le tournage ?

Alan Parker : C’est une question intéressante. Durant "Midnight Express", c’est Giorgio Moroder qui a écrit la musique. Au départ, c’est Vangelis qui était censé le faire. Mais le studio m’a proposé de parler avec Giorgio, et je me suis dit que ça valait la peine d’essayer. Finalement, ça a été une expérience fantastique. Il a rendu le film encore meilleur que je ne l’imaginais. Mais on ne sait jamais à l’avance ce qu’on va trouver au final. Avec Giorgio Moroder, je savais que ce serait d’office de la musique électronique. Mais par exemple pour Angela’s Ashes, j’ai travaillé avec le compositeur John Williams. Cet homme est vraiment fantastique. On ne sait jamais ce qu’il va proposer avant d’entendre l’orchestre jouer.

Et vous ne pouviez pas dire à John Williams ce que vous pensiez ?

Alan Parker : Non, pas vraiment. C’est un grand homme, mais très humble. Il demande toujours si la musique convient. Moi je ne voulais pas être présomptueux, mais je savais ce que je voulais pour mon film, et lui, le savait.

J’ai un souvenir très précis de "Birdy". C’était le premier film dans lequel je voyais un tel mouvement de la caméra. Est-ce que c’était un film difficile à réaliser techniquement ?

Alan Parker : Un des challenges était d’imaginer le vol de l’oiseau. A la base, on était censé le faire avec une nouvelle technologie qu’on appelait la " Skycam ". On a essayé de l’utiliser à quelques reprises, mais cette caméra a fini par s’écraser durant la troisième prise. On a alors pensé à une alternative et on a principalement travaillé avec une Steadycam, et surtout, on a essayé de montrer le vol de l’oiseau de manière créative. Aujourd’hui les caméras sont beaucoup plus petites. Avec un tel matériel, ça aurait été beaucoup plus facile. On aurait pu utiliser des drones par exemples, ou même directement attacher la caméra sur l’oiseau. Mais à l’époque, on devait travailler différemment avec les caméras et la technologie. Quand quelque chose ne marchait pas, on réfléchissait aux solutions. On a aussi fait un excellent travail au montage. Notre monteur a vraiment réussi à créer l’illusion du vol d’un oiseau.

Et est-ce que vous aimiez travailler de façon artisanale avec des choses mécaniques ?

Alan Parker : Pas vraiment non. Je viens d’une famille de charpentiers et de peintres. La première fois que je suis allé en France, on m’a demandé ce que faisait mon père, et j’ai répondu qu’il était peintre,. Et quand on m’a demandé quel type de peinture il faisait, j’ai répondu qu’il était très avant-gardiste, étant donné qu’il ne peignait qu’avec une seule couleur, le gros monochrome. En fait, il travaillait pour une société d’électricité et il peignait les grilles devant les bâtiments. Donc, moi je suis assez doué pour la mécanique, mais je n’aime pas vraiment ça.. Je suis un réalisateur et un écrivain. L’écriture, c’est ma mécanique à moi.

Et le dessin aussi ? Ou est-ce que c’est venu plus tard ça ?

Alan Parker : J’ai toujours dessiné. A la base, je voulais aller dans une école d’arts. Mais mon père trouvait que j’avais déjà été assez à l’école. Mais j’adore le dessin, et aujourd’hui j’ai beaucoup plus de temps à y consacrer.

Ecrire un scénario, c’est faire un film, mais sans les caméras. Dans ma tête, j’ai carrément un festival de mes films, et la musique y est excellente.

En tant que réalisateur, est ce que vous vous rappelez de votre premier choc émotionnel après un film ?

Alan Parker : Bien que je n’aie pas envie de parler que de moi, dans "Midnight Express", il y a une scène où le personnage arrache la langue d’un autre avec ses dents. Après avoir tourné la scène, l’équipe a dû se tenir un peu à l’écart parce que c’était une scène absolument horrible à voir. Pour moi, ce n’était qu’une illusion, mais si on a bien fait le travail, c’est quelque chose que le public ignore. La première fois qu’on a montré ce film, des gens ont carrément dû sortir du cinéma, et là, j’ai a réalisé qu’un film pouvait avoir un réel impact et que donc, on avait une certaine responsabilité envers le public. C’était la première fois que je comprenais qu’un film que j’avais créé, pouvait jouer sur les émotions des gens, alors que, pour moi, ce n’est qu’un métier.

C’est un sentiment effrayant ? Ou plutôt puissant ?

Alan Parker : C’est effrayant. On comprend que ça peut être très dangereux si on ne le réalise pas correctement. On peut faire du mal aux gens. Notre métier, c’est de jouer avec les émotions des gens, essayer de les faire pleurer. Et donc, on a une responsabilité. Il faut par exemple, se demander s'ils pleurent pour la bonne raison.

Avec "Mississipi Burning", l’objectif était de véritablement montrer la violence et l’injustice qui existaient à cette époque. Quand vous écrivez ou que vous réalisez, est-ce que vous pensez parfois que, montrer ce genre de choses, c’est trop ?

Alan Parker : Oui, évidemment. Je ne crois pas en la censure, mais je pense qu’il faut tout de même parfois, pouvoir s’auto-censurer. Il y a des moments où on se dit que ce que l’on veut montrer serait trop. Dans "Midnight Express", il y a une scène où le personnage devient fou et rentre dans la section 13. Pour tourner cette scène, on a utilisé de vraies personnes malades mentales. Un des assistants réalisateurs, un des plus jeunes sur tournage, m’a dit que c’était trop. Je l’ai regardé et lui ai dit qu’il avait entièrement raison. Dans ce genre de moments où ce qui nous importe le plus, est simplement d’avoir une bonne scène, il faut vraiment réfléchir et accepter la responsabilité. C’est la même chose quand on écrit. Je vois souvent des films où je me dis qu’ils ont été beaucoup trop loin.

Si vous deviez choisir un scénario qui vous donnerait à nouveau l’envie de réaliser un film, de quoi parlerait ce film ?

Alan Parker : C’est drôle, mais je ne pense honnêtement pas que ce soit possible. Ce n’est pas qu’il n’y ait plus de sujets que j’aurais envie de traiter, bien au contraire. J’ai encore beaucoup de scénarios que je n’ai jamais réalisés. Chez moi, j’ai des scénarios que je considère être mes meilleurs travaux, mais je ne les ai jamais tournés. Ils resteront sûrement dans un tiroir pour toujours. Peut-être, ça aurait été mieux de ne jamais les écrire. Mais d’un autre côté, on me dit souvent : tu n’as jamais fait ces films, et je réponds qu’en fait, si. Ecrire un scénario, c’est faire un film, mais sans les caméras. Dans ma tête, j’ai carrément un festival de mes films, et la musique y est excellente.

C’est tout de même extraordinaire que vous ayez eu l’occasion de travailler avec Giorgio Moroder, Pink Floyd, etc. Est-ce que vous écoutez encore beaucoup de musique ? Si vous deviez choisir une musique pour un film potentiel ?

Alan Parker : C’est une très bonne question. J’ai des goûts très éclectiques en musique. Deux de mes fils sont musiciens ; ils ont même joué la musique pour mon dernier film, "The Life of David Gale". Lorsque j’écris, la musique que j’ai en tête ne sera pas nécessairement utilisée. Mais quand j’ai fini d’écrire, si la musique m’a emmené sur un chemin précis, je sais qu’elle devra se trouver dans le film. Quand j’ai réalisé "Birdy", je n’avais pas imaginé avoir la musique de Peter Gabriel. C’est seulement après avoir terminé le film, que j’ai pris quelques uns de ses morceaux pour les incorporer dans le film. Lui était satisfait du résultat et on a commencé à travailler à partir de là. C’est le film qui nous montre quel genre de musique on doit choisir.

Dans "The Life of David Gale", "Mississipi Burning" et "Birdy", chaque fois, vous abordez le sujet de la violence. Est-ce que vous partez toujours d’un point de départ précis quand vous commencez l’écriture d’un film ?

Alan Parker : Un film doit parler de quelque chose. Les pires films sont ceux que l’on regarde, pendant deux heures, et qu’on oublie aussitôt sorti de la salle de cinéma. C’est du vrai gâchis. Mon mentor était l’incroyable réalisateur Fred Zinnemann. Lui me disait toujours de ne jamais gâcher une occasion, que c’est un véritable privilège d’être réalisateur. Il n’aimait pas toujours mes films. Mais, je n’ai jamais écrit un film en me disant que je devais absolument changer le monde. C’est avant tout une histoire, et j’ai la responsabilité de mettre cette histoire en forme. On doit pouvoir regarder le film et être intéressé par ce qu’il raconte. J’ai aussi évidemment un point de vue. Les étudiants en cinéma aujourd’hui se préoccupent beaucoup plus de l’aspect technique et de la technologie. Et je leur dis toujours que si on n’a pas de point de vue, si on n'a rien à dire, alors on ne devrait pas faire de films. Mais c’est principalement parce que je viens d’une autre génération. Pour nous, les films avaient une autre signification.

On n’a pas encore parlé de "Angel Heart". Vous vous rappelez l’état d’esprit dans lequel vous étiez quand vous avez commencé ce film ?

Alan Parker : "Angel Heart" était à la base un livre écrit par William Hjortsberg dont le titre original était "Fallen Angel". Moi j’ai réécrit l’histoire de ce livre. Même si j’ai tiré mon inspiration du livre, je l’ai réécrit tellement de fois que le film devait porter un autre nom. La lecture de ce livre m’a mené dans une certaine direction,. J’ai fait beaucoup de recherches, je suis même allé à New-York et New Orleans. J’ai vraiment essayé de cerner l’histoire. Quand je commence un scénario, je ne sais jamais exactement ce que sera le produit final. Mais quand je le sais, l’écriture devient très facile. Je dois d’ailleurs toujours m’isoler à ce moment. Par contre, j’ai écrit "Angel Heart" dans des cafés et des bars de la Nouvelle-Orléans.

Parce que vous savez où l’histoire vous mène ?

Alan Parker : Oui, je sais dans quelle direction va l’histoire, et ça devient un exercice beaucoup plus agréable à faire. Alors, je suis capable d’écrire même entouré de distractions. Parfois il faut essayer d’écouter le scénario. Ca m’est déjà arrivé d’être assis dans un bar et d’essayer d’écouter les conversations. Il y a là, des éléments d’ambiance que l’on prend pour rendre l’histoire plus réelle et authentique.

Vous vous souvenez quand vous avez appelé Robert De Niro pour ce film ?

Alan Parker : Oui, nous nous étions déjà rencontrés au moins trois fois, et il refusait de dire oui à ce film. A la base, je le voulais dans le rôle que Mickey Rourke a fini pour jouer et Marlon Brando dans le rôle du diable Quand Brando a refusé, j’ai été voir Jack Nicholson qui a également refusé. Et De Niro ne voulait pas jouer Harry Angel, il voulait jouer le diable. Quand j’ai été voir Mickey Rourke, il a tout de suite accepté ce que je lui proposais., Mais De Niro ne voulait toujours pas dire oui. C’est seulement deux semaines avant le tournage qu’il m’a appelé pour dire qu’il le ferait.

Comment vous est venue l’idée de la scène avec l’œuf ? Ça doit être agréable pour un acteur de jouer ce genre de scène, vu que c’est tout de même très symbolique. Est-ce que ça venait du livre ?

Alan Parker : Non, c’est moi qui ai inventé cette scène. J’ai toujours aimé aller à Paris, parce qu’on pouvait manger de bons œufs salés accompagnés d’un bon vin. Quand j’ai écrit le scénario, le fait de casser un œuf, m’a fait penser aux os de Mickey Rourke qui se brisent. Donc, toute cette scène était très symbolique. De Niro a adoré jouer cette scène. On lui avait posé de longs ongles et on a tourné 2 ou 3 prises. C’est une scène qui donnait vraiment bien.

Il me semble qu’un jour vous avez dit qu’un acteur est souvent bon au cours de la troisième prise, mais parfois, il faut carrément aller jusqu’à une 23ème prise ! Et l’équipe doit tout le temps rester impeccable…

Alan Parker : Absolument. Je pense que les héros méconnus d’un film sont ces personnes qui font partie de l’équipe derrière la caméra.. Je n’ai que du respect pour ceux qui font ce travail. Ils doivent être bons à chaque prise, alors qu’un acteur a parfois tendance à oublier ses lignes, et du coup, il faut tout recommencer. La plupart du temps, les 2 ou 3 premières prises sont fraîches et spontanées, et après, ça devient simplement mécanique. Donc, si on a l’impression que les premières prises ne sont pas bonnes, ma théorie est que les acteurs deviennent nerveux. Donc, après la 10ème, je déplace légèrement la caméra, et on en fait encore 10 de plus…

Et donc il faut parfois aller jusqu’à la 23ème prise ?

Ce n’est vraiment pas nécessaire. Aucune scène ne nécessite cela. C’est d’ailleurs très rare qu’une scène s’améliore au fur et à mesure des prises. Généralement, ça devient pire. Certains réalisateurs aiment aller jusqu’à la 70ème. Selon eux, à la 70ème, les acteurs ne savent même plus ce qu’ils font, et donc ils sortent de leur coquille et ne font plus rien de manière mécanique. Moi je pense que si on doit en arriver à ce point-là, c’est que vraiment, il y a quelque chose qui ne va pas.