"Ne croyez surtout pas que je hurle" : un extraordinaire témoignage de cinéma

"Ne croyez surtout pas que je crie" : se raconter par le cinéma
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"Ne croyez surtout pas que je crie" : se raconter par le cinéma - © Capricci Films

C’est l’histoire d’un homme, de sa détresse et de sa passion dévorante pour le cinéma. Entre avril et octobre 2016, dans la solitude de sa maison alsacienne qu’il partageait quelques mois plus tôt avec son compagnon, le réalisateur Frank Beauvais a vu plus de 400 films. De cette période marquée par la boulimie cinéphilique, il a fait un documentaire, "Ne croyez surtout pas que je hurle".

Pendant les 75 minutes que compte le long-métrage, l’auteur nous raconte son quotidien : sa dépression, le décès de son père, sa haine d’une mentalité provinciale qu’il juge étriquée, et son inquiétude face à l’état politique de notre monde. Ses mots, exprimant un grand dégoût de l’existence, sont durs, et parfois difficiles à entendre.

Mais sa confession n’est pas faite que de sons. Tout le long du film, des images extraites des œuvres visionnées pendant ces 6 mois accompagnent les paroles du cinéaste. Des films souvent peu connus, et qu’il est compliqué de reconnaître, Beauvais et son monteur Thomas Marchand n’en ayant gardé que de minuscules extraits, qui illustrent, ironisent, contredisent, complètent et brouillent le témoignage du réalisateur. Extraordinairement dense, "Ne croyez surtout pas que je hurle" nous emporte dans un flux de cinéma dont toutes les subtilités ne peuvent être saisies en une seule fois. À l’issue d’un premier visionnage, on peut en tout cas dire que cette sombre plongée dans l’âme d’un homme qui vit au travers du septième art mérite le détour.