"Le traître", une grande fresque à découvrir au Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles

"Le traître", une grande fresque à découvrir au Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles
"Le traître", une grande fresque à découvrir au Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles - © Tous droits réservés

Le nouveau film de Marco Bellocchio suit le parcours d'un ex-mafieux qui a témoigné contre Cosa Nostra.

C'est une œuvre dense et ambitieuse qui nous est présentée au “Cinemamed”. Dès les premières minutes du film, une litanie de noms et de personnages apparaissent à l'écran, trop nombreux pour être tous retenus. À vrai dire, les mémoriser serait probablement une perte de temps, puisque les séquences suivantes montreront un bon nombre de ces personnes trouver une fin funeste. Nous sommes en 1980, et la guerre fraternelle de Cosa Nostra dégénère dans des vendettas sanglantes et autodestructrices. Parcourant plusieurs décennies, le long-métrage de Marco Bellocchio aborde de grandes pages de l'Histoire italienne, mais aussi la vie d'un homme qui a joué un rôle capital dans l'écriture de celle-ci : le “traître” Tommaso Buscetta, qui a collaboré avec la justice italienne pour mettre en prison des centaines de criminels, qui furent autrefois ses collègues.

À mi-chemin entre l'intime et l'épique, le film se perd quelque part entre les deux. Difficile en effet de suivre tous les rebondissements qui animent ce récit aux nombreux personnages (les confusions sont fréquentes pendant les quelque 150 minutes du long-métrage). Il n'est pas facile non de saisir son protagoniste (incarné avec charisme par Pierfrancesco Favino), figure ambivalente au sujet duquel le film laisse planer trop de zones d'ombres.

Mais "Le Traître" séduit par quelques-unes de ses touches. Réalisateur de talent, Bellocchio parvient à dessiner quelques très belles séquences, qui marquent par leur étrange beauté. Il se révèle également doué sur le terrain de l'humour, comme dans ces scènes de tribunaux où des dizaines de mafieux sont jugés en même temps, dans un chaos qui tient plus de la farce que du drame.

Le film est à découvrir le mardi 3 décembre à 21h au Cinéma Aventure et le mercredi 4 à 21h au Cinéma Palace.

Une sélection à l'italienne

“Le traître” ne sera pas le seul long-métrage à aborder la question de la mafia pendant le festival. En effet, le “Cinemamed” s'ouvre ce vendredi 29 novembre avec “Piranhas”, qui suit des jeunes napolitains séduits par une vie criminelle. Pour sa 19ème édition, le festival a choisi de faire un “Focus Italie”. On pourra donc y voir plusieurs œuvres venues d'Outre-Alpes, telle que “Santiago, Italia” de Nanni Moretti et “Citoyens du monde” de Gianni Di Gregorio.

Outre ce focus, le festival entend mettre en avant les films réalisés par des femmes. Dans la sélection, on pourra notamment compter sur la présence d'”Adam” de Maryam Touzani , “The End of Love” de Keren Ben Rafael, ou encore “Un divan à Tunis” de Manele Labidi Labbé, qui clôturera le festival le 7 décembre.

Des courts-métrages, des reprises, des documentaires, des séances spéciales et d'autres événements sont également prévus.

La programmation complète du festival est à découvrir ici.