"La femme de mon frère" : l'existence, cette absurdité

“La femme de mon frère”, l'existence cette absurdité
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“La femme de mon frère”, l'existence cette absurdité - © O'Brother

Si le nom de Monia Chokri ne vous est pas familier, son visage l'est peut-être. Aperçue chez Xavier Dolan (“Laurence Anyways” et “Les Amours Imaginaires”), ou plus récemment dans “Emma Peeters”, l'actrice québécoise est devenue une habituée des comédies dramatiques sur fond de crise existentielle.

Rien de surprenant donc à ce qu'elle s'aventure dans le genre pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Avec “La Femme de mon frère”, elle nous plonge de plain-pied dans l'univers désenchanté de Sophia (Anne-Élisabeth Bossé, inénarrable), doctorante sans emploi et sans espoir pour le futur, qui voit sa relation fusionnelle avec son frère mis à mal par l'arrivée d'une nouvelle compagne.

Sur le papier, rien d’inédit - une comédie de trentenaire à la dérive comme on en voit de plus en plus souvent. Mais porté par un esprit résolument décalé, “La femme de mon frère” se démarque, notamment grâce à son humour, qui joue sur la gêne créée par son héroïne. Lançant à tour de bras de savoureuses répliques pleines d'esprit (et de désespoir), elle s'impose comme une protagoniste aussi attachante qu'irritante.

Le film est à sa hauteur. Étalé sur une durée quelque peu excessive de 115 minutes, “La Femme de mon frère” prend le temps d'expérimenter avec sa forme cinématographique  : montage répétitif, cadrage audacieux, etc. Le résultat est une œuvre indéniablement idiosyncratique, qui exaspère autant qu'elle réjouit par ses excentricités.