L'interview de Sara Forestier pour M

Sara Forestier
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Sara Forestier - © STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

M, comme la lettre "M" c'est le titre tout simple du premier film écrit, réalisé et joué par la comédienne Sara Forestier. "M" comme c'est une histoire d'amour quasi impossible entre une jeune fille bègue, très discrète et complexée et un jeune homme très sensuel et charismatique, qui lui, est analphabète et aussi très complexé par cette situation.

Sara Forestier, j’étais déjà fan de la fougue qu’elle déploie dans son métier d’actrice, et bien là je suis très émue de découvrir en elle un tel talent de conteuse d’histoire : son film "M" lui ressemble, c’est authentique, exalté, passionné, à fleur de peau aussi. Elle se révèle également son talent de directrice d’acteur avec iune maturité incroyable pour un un premier film.

L'interview intégrale de Sara Forestier

Je suis très heureuse d’avoir l’occasion de parler avec vous de votre premier long métrage de fiction.  J’imagine que quand on est jeune artiste c’est toujours un moment super émouvant de parler de sa première création.  D’autant plus que, si j’ai bien compris, ça faisait longtemps que vous portiez cette histoire en vous.  Ça a été compliqué à mettre en place ?

Sara Forestier : C’est 15 ans de ma vie ce film.  C’est la moitié de ma vie pour tout dire.  L’idée du film m’est venue quand j’avais 15 ans, quand j’allais avoir mes 16 ans.  Parce que j’ai eu une histoire d’amour à cet âge-là avec un mec qui ne savait pas lire. J’étais avec lui, on était en couple, à un moment donné on s’est séparés et c’est après que je l’ai appris.  J’ai fait une espèce de rewind, je me suis refait toute l’histoire, je me suis dit : en fait il m’avait caché tout ça.  C’est un mec qui était hyper charismatique, hyper beau, hyper sexuel, hyper sensuel, et qu’un mec aussi impressionnant ait honte de quelque chose, ça a fait un bug dans ma tête.  Je me suis dit que c’était une super idée pour un film. Ça m’a touchée, ce truc de honte…. Après, il y a d’autres choses qui ont fait écho plus profondément en moi.  Déjà l’idée, je trouvais qu’elle était cinématographique. 

L’idée est fantastique.  Quand le film a démarré, je me suis dit : mais quelle histoire !  Pour moi ce n’est même pas une histoire de handicap social, c’est une histoire d’amour sublime.  Quel était votre premier point de vue ?  Parler des gens qui ont des difficultés ou comment s’aimer quand on a ces difficultés ?

Quand tu fais une œuvre d’art, je crois que c’est valable quel que soit l’art que tu fais, que ce soit peintre, chanteur, tu as une idée au départ.  Tu pars d’un petit truc, et puis la vraie raison pour quoi tu as voulu faire ton film par exemple, tu la trouves plus tard.  Ok, je parle d’une jeune fille qui bégaye et je parle d’un mec qui ne sait pas lire, je parle de personnes qui ont honte, qui essaient de se cacher et finalement, vont se trouver, qui peuvent vraiment être eux-mêmes avec l’autre, mais en fait la vraie chose dont je voulais parler, c’est l’amour.  L’amour, c’est un truc de fou.  Je parle du grand amour, je ne parle pas du truc à 2 balles, je parle du grand amour, c’est incroyable je trouve l’impact que ça a dans une vie.  Là, c’est l’histoire d’un premier amour, c’est l’amour de sa vie en tout cas, c’est son premier amour, et de voir à quel point c’est important dans leur vie.  Ils se rencontrent, tu as l’impression qu’ils ne vivaient pas avant de se rencontrer.  Pour moi, ce sont des personnes pures.  Ils ont des personnalités pures.  Ils sont presque inadaptés à la société tellement ils sont vrais, tellement ils sont purs. Tu as l’impression qu’ils étaient sur pause, qu’ils ne vivaient pas tant qu’ils n’avaient pas trouvé quelqu’un en face d’eux qui était aussi vrai qu’eux.  Ils se rencontrent, tu as une espèce d’évidence, même s’ils sont opposés, lui c’est un tchatcheur, elle ne parle pas, il est vachement charismatique, elle est hyper fragile, mais en fait, ils se reconnaissent dans cette pureté et tu as l’impression qu’ils commencent à vivre vraiment à ce moment-là, et pour autant ce n’est pas pour ça que l’histoire d’amour est gagnée.  C’est ça qui me fascinait.  C’est-à-dire à quel point l’amour ça peut te rendre vivant et en même temps comment c’est hard de réussir une histoire d’amour. Ce n’est pas parce que tu aimes quelqu’un que tu vas réussir ton histoire d’amour.  Et cette ambivalence de à quel point l’amour te rend vivant et en même temps à quel point l’amour te rend névrosé.  Je n’ai jamais été aussi tarée que dans mes histoires d’amour. Ça fait sortir tes névroses les plus profondes, tes peurs, la peur de l’abandon, des trucs que tu ne te rendais pas compte que tu as et en fait quand tu es vraiment face à quelqu’un que tu aimes vraiment, et qui t’aime vraiment, tout ressort. Tes névroses, tes peurs, tes défauts.  Il faut dealer avec ça.  C’est un cocktail incroyable.  C’est un sujet fascinant.

Vous avez écrit le rôle pour vous ?

Non.  Pas du tout. Au départ le personnage n’était pas bègue.  Elle était juste hyper sensible.  Au fur et à mesure de l’écriture, je ne sais pas, un jour j’ai eu cette idée qu’elle soit bègue, et en fait, j’ai écrit quelque chose que je ne connaissais pas, et quand j’ai préparé mon film, j’ai rencontré des gens qui bégayaient beaucoup pour préparer le film, et je me suis rendu compte que tout ce que j’avais écrit, c’était exactement ça, ce qu’ils vivaient.  Le rapport au téléphone, le rapport aux autres, le rapport amoureux, le rapport à la famille.  Elle bégaie, sa petite sœur ne bégaie pas.  Et tout le rapport aux autres. Les examens. Le fait de passer l’examen du BAC, l’oral du BAC.  Ce sont des choses qui sont des points, des jalons centraux dans la vie d’une personne qui bégaie.  Je crois que j’ai choisi cette chose-là parce que c’était charnel et une manière vraiment manifeste, palpable de parler d’une sensibilité. Je trouvais ça plus cinématographique de parler d’une sensibilité avec quelqu’un qui ne peut pas le cacher puisque c’est dans son oralité.

Ça permet aussi de mettre en avant votre talent du non verbal et l’expressivité des yeux.

C’est gentil.  J’avais aussi une rigueur quand j’ai écrit. Je me suis dit : il y a tout… on peut tous faire des films muets, et avec un film muet, on peut tout comprendre.  Donc, si tu écris des dialogues, il faut qu’ils soient vraiment un plus.  Il y avait cette idée à chaque fois de se dire il faut que les mots soient nécessaires.  Quand ils ne l’étaient pas… les scènes où ils se rencontrent le plus, finalement c’est quand ils ne se parlent pas.  Les scènes où ils se rencontrent vraiment tous les deux.  Et ce qu’ils se disent le plus, ou ce qu’ils ne se disent pas le plus, c’est quand ils ne parlent pas.  Leurs silences sont hyper chargés.  Comme quand tu es dans une histoire d’amour.  Dans une histoire d’amour, ce que tu dis ce n’est pas de la merde, mais ça ne vaut rien à côté de tes silences avec la personne que tu aimes, des gestes, des non gestes, le fait d’être là ou pas.

Première expérience sur un long métrage. J’imagine que même avec votre expérience d’actrice c’est toujours un super stress…

Stress je ne sais pas, mais douloureux oui.

Plus de douleur que de stress ?

Oui.

A quel niveau ?

C’était trop dur.  Jouer dans mon film, réaliser.  Redouanne, c’était son premier rôle. Il a fallu beaucoup l’accompagner.  C’était très dur.  Je me suis mis tous les trucs les plus durs pour un premier film.

Comment, quand on joue un rôle super compliqué - le bégaiement, c’est déjà un truc en plus - comment est-ce qu’on peut avoir du recul sur son jeu à soi ?

On n’en a pas vraiment et tant mieux.  Moi, il fallait surtout que je lâche prise.  Que je ne contrôle pas.  Et que quand je jouais Lila, elle est tellement dans une fragilité tellement là, qu’il fallait que je lâche prise, il ne fallait pas que je sois Sara qui pense à la prise, à ce que raconte l’histoire, il fallait que je sois juste Lila qui regarde Mo, qui est amoureuse, et qui subit en fait, qui fait avec ce qui se passe dans le moment.  Ça m’est arrivé dans quelques scènes… Je m’arrêtais en fait quand j’avais ressenti quelque chose dans mon ventre.  Quand tout d’un coup, à la fin d’une scène, à la fin d’une prise, j’avais vraiment ressenti des choses quand je jouais, j’ai été surprise, je savais que c’était les bonnes prises.  Je pouvais passer à autre chose. 

Ça devait être super crevant.

Laisse tomber. 

Du cerveau.

Laisse tomber, c’est inhumain.  Réaliser un film, c’est monstrueux.  C’est des monstres, les réalisateurs.  Des monstres de cinéma.

Est-ce que ça t’a donné envie de continuer ?  Tu t’es dit : voilà j’ai trouvé ma manière de m’exprimer.

Oui.

C’est vrai ?  Malgré la douleur.

Oui, bien sûr.  C’est comme quand tu fais du sport.  Il y a des douleurs qui sont intenses mais des bonnes douleurs quoi.  Dans le travail, quand c’est de l’effort, ça me plaît. Ça, ça ne me dérange pas. 

Tu t’es tout de suite trouvée légitime, tu as trouvé ta place sur le plateau ?

La légitimité ce n’est pas une question que je me pose, je m’en fous, je vis ma vie. Je n’ai pas eu de tampon de la part de je ne sais pas qui pour vivre, donc je ne vois pas pourquoi je devrais avoir un tampon pour faire un film.  La vraie vie est plus importante que le cinéma.

On pourrait se dire : je suis jeune, je n’ai pas fait d’école de cinéma, je suis une nana…

Je ne me pose pas ces questions.  Je suis obsédée par un sujet, je n’ai pas d’autre choix que de le faire.  J’ai envie, j’y vais. 

Le casting.  On en a déjà parlé hors antenne, pendant tout le film, je me suis dit : je connais cette tête… C’est Redouanne qui est humoriste, je le connais de sketches à la télé…

Il est venu en Belgique.

Je ne sais pas.

Il est venu en Belgique.

L’image que j’ai de lui c’est une espèce de gros nounours un peu nonchalant, un peu mélancolique, qui s’en fout, avec sa guitare, comment est-ce que vous avez pu déceler chez lui ce côté super animal, très sexy, un peu de violence contenue qui ressort par moments ?

Ça a été très dur pour lui.   Je l’ai beaucoup mis sous pression pour garder une tension constante.  Redouanne est très ambivalent, il a beaucoup de souffrance en lui, d’autodestruction.  C’est ce que je cherchais pour le personnage.  Il n’arrive pas à dealer avec sa souffrance.  C’est quelqu’un qui a besoin d’esquiver les choses alors que mon personnage, c’est quelqu’un qui est très frontal et qui n’esquive pas.  Il a fallu à chaque fois que je le replace dans sa souffrance. Ce n’était pas évident. 

Il est content du résultat ?

Oui, je crois.  Il peut en tout cas.

Oui, il peut. 

Il peut.  C’est Mo. Je vois le personnage.  Il est beau.  Et j’avais envie d’une icône.  Je trouve que dans le film, il fait icône presque. Il est tellement sexy dans le film qu’il fait icône.  C’est ce que j’avais en tête.  J’avais envie de presque d’un personnage taiseux, comme un cow-boy, quelqu’un qui ne parle pas beaucoup. Il n’a pas besoin de parler.  Le rendu, j’ai l’impression que c’est réussi. 

Je pense que oui. 

C’est cool si toutes les filles tombent amoureuses de lui, je suis contente.  C’est mon style de mec.

Il est bien. Redouanne, rendu extrêmement sexy, quasi méconnaissable.  Il faut m’expliquer comment on fait pour avoir l’air d’avoir 17 ans…

C’est une vraie question. J’ai 30 ans, 31, jouer une lycéenne, c’était un peu… regarde la tête que j’ai, j’ai une tête de bébé.  Je ne sais pas, au final, inconsciente j’y ai cru. Ben oui, une lycéenne, c’est moi les mecs !  Je passe l’oral du BAC.  J’étais sûre, ça a marché.  Je ne me suis pas posé la question.  Ce n’était pas ça qui me faisait peur.  Il y avait d’autres choses qui me faisaient plus peur dans le film. 

Ce que je trouve super réussi aussi c’est que je ne suis pas bègue, je ne suis pas une jeune fille, je ne suis pas un mec qui ne sait pas lire mais, je ne sais pas si le mot est : identification ou empathie, mais j’avais une espèce de boule au ventre, comme quand on est amoureux, qu’on a des papillons.  Comment est-ce que vous avez construit ça ?  Est-ce que c’était conscient ?  Inconscient ? 

C’était mon but.  Mon but, ce n’était pas de toucher les spectateurs là, mais dans le bide direct.  C’est un chemin qui n’est pas forcément évident.  Je n’avais pas envie que les gens regardent le film défiler et se disent : ah il est bien le film.  J’avais envie qu’ils sentent des choses.  Il faut être d’une rigueur, d’une véracité, il faut être tellement vrai, pour que les gens te ressentent, il faut être vrai. Et si tu es vrai, tu vas aller toucher ce qu’il y a de plus vrai chez les gens.  C’est une rigueur au quotidien, dans l’écriture, quand tu fais le film, quand tu es avec tes acteurs, ce que tu leur demandes, toi ce que tu donnes, ce que tu demandes à ton chef op, moi j’avais envie qu’on soit proche des peaux, qu’on ressente, qu’on ne rate rien, tu vois, quand il y a un frémissement sur le visage, une peur qui passe dans l’œil, quoi qu’il se passe… En fait, je voulais que ce soit de la sensation et pas quelque chose que tu vois de loin.  Je voulais qu’on sente le film.  Ça me fait trop plaisir, c’est exactement ce que je voulais.  Exactement ça.  C’est trop bien.

Une grande réalisatrice est née avec ce film.

Tu es gentille. 

C’est vrai.

Peut-être, je ne sais pas.  En tout cas, moi je m’en fous. Le principal pour moi, ce sont mes personnages, c’est qu’ils existent.  C’est bizarre quand tu fais un film, j’ai l’impression que Mo et Lila, je les aime tellement que j’ai envie que tout le monde les aime. Ils sont tellement beaux, c’est tellement bien de voir des gens purs.  C’est tellement dur d’être pur dans ce monde, dans la société !  Je ne suis même pas sûr que les gens soient faits pour vivre en société.  Les animaux ont une forme de pureté.  Ils ont une présence pure.  Pas pure dans le sens religieux, mais dans le sens de présence absolue, d’être vraiment qui tu es, de pouvoir être vraiment qui tu es. J’ai l’impression qu’on fait tout le temps des compromis dans la vie.  Les animaux, tu as l’impression qu’ils ont une présence pure, ils sont là, ils vivent vraiment, ils ressentent tout, et j’ai l’impression que nous, les êtres humains, on est tellement dans des sociétés où il y a de plus en plus d’abstraction, on est en train de penser à ce qu’on va faire demain, ceci, cela, on est sur l’ego, mais la sensation d’être vivant, on l’a très peu.  La bouffe qu’on mange n’a plus vraiment de goût… C’est pour ça que les gens prennent des drogues, ils ont envie de sensations.  Cette pureté-là, c’est pareil.  Ces personnages-là, je parle de présence pure, ces personnages, tu as l’impression que leur combat c’est pouvoir avoir cette présence pure constamment.  C’est être qui ils sont.  Et tu te rends compte que la société ne permet pas d’être qui tu es au quotidien.  Si tu es tout le temps toi-même, tu vas t’embrouiller avec tout le monde.  La société n’est pas faite pour ça. 

Et le couple ?  Est-ce que c’est dans le couple qu’on peut être soi-même…

J’ai l’impression que quand on tombe amoureux de quelqu’un, une des raisons qui nous attire c’est qu’il y a quelque chose qu’on descelle, on a l’impression que l’autre peut être soi-même et que toi tu peux être toi-même aussi.  Il y a cette idée de présence pure et ce qu’on appelle les moments de grâce.  Ce que les gens cherchent, les moments de grâce c’est les moments de présence pure.  Tu es dans un truc de sensation.  C’est pour ça que je disais que mon film je voulais que ce soit dans le bide qu’on le ressente et pas intellectualiser les choses.  Je voulais que ce soit de la sensation pure.  C’est ce que j’aime chez les grands artistes.  J’aime bien comparer le cinéma à de la peinture. Tu vois, un mec comme Van Gogh, pour moi c’est un truc de présence pure.  Ses autoportraits, c’est de la sensation que ça te fait.  C’est pas intellectualisé, ce que tu vois dans les tableaux de Van Gogh, c’est une quête.  Tu sens qu’il cherche une présence pure. C’est ce qui me touche chez les artistes.  J’ai l’impression que c’est la seule raison valable de faire de l’art. 

Tu as une vision très exaltée, j’ai l’impression que tu es brûlante. Tu dois te sentir vivante mais en même temps, ça doit être incandescent…

Ça doit être épuisant ?  

Pardon ?

Tu veux dire que ça doit être épuisant ?  Etre anesthésiée à petits feux par la société de consommation, c’est aussi épuisant mais de manière soporifique.  Etre vivant bien sûr que ça prend de l’énergie, quand tu essaies d’être vrai dans ta vie, de faire des choses, d’aller au bout des choses, d’être vraiment toi-même, c’est fatigant mais en même temps c’est très vivifiant aussi.  Je préfère cette fatigue-là qu’une fatigue plus insidieuse comme ça mais d’une société qui t’endort.

Est-ce que maintenant, sur un plateau de cinéma, tu vas devenir chiante ? 

J’ai fait un film en tant qu’actrice après, non, pas chiante, pas plus qu’avant en tout cas.  J’ai toujours été quelqu’un qui demandait des prises, en tant que comédienne j’aime bien faire des prises aussi, je demande, je redemande, pour aller un peu au bout mais j’ai toujours trouvé un équilibre avec les metteurs en scène.  Mais j’ai de moins en moins envie de faire du cinéma. 

Oui ?

Oui.  J’ai envie de vivre la vraie vie plus. 

Ce n’est pas dans le cinéma qu’on peut forcément trouver la pureté.   Dans le milieu, je veux dire.

C’est pas ça.  Si parce que dans les gestes, justement, dans les gestes cinématographiques tu as une quête de pureté mais c’est mieux vivre la vraie vie que d’essayer de la raconter.  C’est la vérité aussi. 

Un prochain projet déjà ?  Est-ce que ça va te permettre de faire plus facilement un deuxième, de ne pas devoir prendre autant de temps, trouver des financements…

Je prépare un deuxième film.  On va voir. 

Vivement qu’on puisse le voir.

Ce sera plus rapide, parce que là c’est 15 ans de travail, là ça va être plus rapide.

Oui, avant 15 ans.

J’espère que j’en ferai 2, 3, après je me casse vivre dans la jungle.

Ok, on prend les paris.  Encore bravo pour cette magnifique première œuvre.  

 

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