JR rejoint l'école du collectif Kourtrajmé en Seine-Saint-Denis

L'artiste JR dirigera un nouvelle formation à l'art et à l'image à l'école de cinéma Kourtrajmé.
L'artiste JR dirigera un nouvelle formation à l'art et à l'image à l'école de cinéma Kourtrajmé. - © AFP PHOTO/JOEL SAGET

L'école de cinéma Kourtrajmé, lancée en 2018 par Ladj Ly, lauréat du prix du jury à Cannes, va prendre ses quartiers définitifs à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), où l'artiste JR dirigera un nouvelle formation à l'art et à l'image. Gratuite, sans condition d'âge et de diplôme, cette école destinée à "ceux qui ont envie mais n'ont pas les moyens d'accéder aux écoles de cinéma" a déjà formé 30 élèves au scénario, à la réalisation et à la post-production. Plus de 1 500 personnes, à 90 % originaires de la périphéries des grandes villes, s'étaient portées candidates.

Hébergée dans un premier temps par les Ateliers Medicis, installés par l'État à Clichy-sous-Bois, foyer des violences urbaines de 2005, l'école déménagera début 2020 dans ses propres locaux, dans la ville voisine de Montfermeil, a expliqué Ladj Ly à l'AFP. L'appel à candidatures pour la deuxième promotion est ouvert jusqu'au 15 septembre, en vue d'une rentrée mi-octobre. 

L'établissement s'enrichit aussi d'une formation aux métiers de la production et accueillera en son sein une "école d'art et d'image" dirigée par JR, également membre du collectif Kourtrajmé (Romain Gavras, Kim Chapiron, etc.), dont les cours débuteront en janvier. Un retour aux sources pour celui qui "a décidé d'être artiste" aux Bosquets, dans la cité de Montfermeil où vit et a grandi son acolyte Ladj Ly, comme l'a rappelé à l'AFP son ex-producteur, Émile Abinal. Cette école dans l'école, pilotée par JR, lui-même autodidacte, a vocation à "former douze étudiants artistes qui sont en dehors des radars des écoles d'art parisiennes et à leur donner les ficelles du métier", détaille Émile Abinal, qui construit actuellement ce projet.

Ladj Ly et JR avaient débuté leur carrière ensemble, en 2004, avec des collages sauvages monumentaux sur les façades lépreuses de la cité des Bosquets. Ils ont ensuite coréalisé plusieurs documentaires sur ce quartier défavorisé et enclavé.Deux fois nommé aux César en 2018, dans les catégories "documentaire" et "court-métrage", Ladj Ly rêvait depuis vingt ans d'ouvrir une école de cinéma dans le quartier où il a grandi et débuté comme réalisateur en filmant les violences urbaines de 2005, nées en bas de chez lui. "Cinq courts-métrages réalisés par les élèves de la première promotion vont être présentés dans les festivals, deux longs métrages sont déjà produits, c'est du concret", se réjouit-il. Son premier long-métrage primé à Cannes, "Les misérables", sortira le 29 novembre.