Jordan Vogt-Roberts, le réalisateur qui voulait réinventer Kong

Le réalisateur Jordan Vogt-Roberts à la première de Kong Skull Island
Le réalisateur Jordan Vogt-Roberts à la première de Kong Skull Island - © JUSTIN TALLIS - AFP

La question que tout le monde se pose, à propos du réalisateur Jordan Vogt-Roberts est une question très simple : pourquoi, après toutes les versions qui ont déjà été tournées, a-t-il accepté de réaliser une nouvelle version du "mythe" de King Kong ?  

Interview

Jordan Vogt-Roberts : C’est la question que j’ai posé au studio quand ils m’ont apporté le projet du film. Et au début, je n’étais pas convaincu qu’on avait besoin d’une nouvelle version de Kong. Et Kong est un personnage tellement éternel qu’il réapparaît à différents moments de notre histoire et de notre culture cinématographique, et il reflète ce qui se passe à ces différentes périodes. Et pour moi, si on devait faire un nouveau film de King Kong, il devait y avoir une bonne raison, parce que des gens comme vous allaient nous demander : mais pourquoi encore une nouvelle version, avons-nous encore besoin d’un film de King Kong ?

C’est pour ça que je suis parti de l’idée des 70’s, en mixant les thèmes d’ "Apocalypse Now", de "King Kong", de "Platoon", et des créatures des films de monstres, et j'ai voulu utiliser le questionnement de cette époque où les gens étaient perdus entre les émeutes raciales, la révolution sexuelle et les scandales politiques, toutes sortes de choses qui sont en train de se passer maintenant. Et prendre ces gens qui sont désillusionnés et les plonger dans une situation qui les dépasse. Et pour moi, mélanger tout ça, les hélicoptères, le napalm et Kong, et jouer avec ces thématiques dans ce monde, et refaire un film qui va redéfinir le mythe de Kong, et raconter une histoire fondamentalement nouvelle dans la mythologie de King Kong. On ne raconte pas la Belle et la Bête, et on ne refait pas l’histoire traditionnelle de King Kong. C’est pour ça qu’il fallait dès le départ imaginer la réponse à la question : pourquoi un nouveau film de King Kong. Et pour moi, ça a été le point d’entrée pour dire : je sais comment je vais faire le film et c’est un film que j’aurai envie de regarder.

C’est aussi un film qui va faire plaisir aux cinéphiles, la scène des hélicoptères peut être vue comme un hommage à "Apocalypse Now", le film des 70’s..

On peut le voir comme tel, c’est un hommage à 100% !

Et on peut voir aussi un hommage à "Jurassic Park", le nouvel Hollywood, Coppola, Spielberg, sont vos influences ?

Oui, absolument ! j’ai grandi avec les films des grands studios, les films de Spielberg, de Coppola, tous ces gars sont la raison pour laquelle je suis devenu réalisateur, et j’ai envie de réunir toutes ses choses .. Mais vous savez, mes influences viennent de partout ! du cinéma autodidacte, en passant par les jeux vidéo, jusqu’à Kurosawa.. mais c’est évidemment, une citation intentionnelle à ce film incroyable qu’est "Apocalypse Now".

C’est un grand projet, avec un tournage dans des lieux réels, et après une post-production en effets spéciaux 3D, est-ce que vous avez senti la pression du studio pour faire un film de ce genre ?

Oui, absolument, mais ce n’est pas que la pression du studio, c’est la pression que je me suis infligée moi-même. Vous êtes en train de jouer avec l’histoire du cinéma, l’histoire de la Pop culture, avec une icône, donc vous avez une responsabilité, la responsabilité de montrer au public quelque chose de neuf, d’inédit, qui va spontanément rendre hommage, dans le respect et la lignée ce qui fait que les gens aiment Kong, et pourquoi c’est une icône éternelle, et quand même, leur montrer quelque chose d’original. Les transporter dans un monde nouveau, avec des nouvelles images, les faire voyager dans le monde, jusqu’au Vietnam où personne n’a jamais tourné de film de ce genre auparavant. Et mettre à l’écran des choses qui semblent inédites, différentes, et qui font que les gens dans la salle se disent : oh, j’adore aller au cinéma ! je n’avais jamais vu ça avant ! ça vaut le coup de le voir sur un grand écran ! oui, c’est une pression énorme, mais qui ne vient pas que des studios, elle vient de mon propre désir de ne pas être le gars qui a réalisé le nième King Kong..

L'interview intégrale en version originale