FIFF : "Notre Dame", une cathédrale et beaucoup d'imprévus

FIFF : "Notre dame", une cathédrale et beaucoup d'imprévus
FIFF : "Notre dame", une cathédrale et beaucoup d'imprévus - © Christophe Brachet

Toute personne à être déjà passé derrière la caméra vous le dira : réaliser un film, c'est faire face à une multitude d'imprévus. La cinéaste et actrice française Valérie Donzelli peut en témoigner. Le jour même où elle achève le montage de son nouveau long-métrage "Notre Dame", la célèbre cathédrale s'embrase dans un incendie qui saisit le monde entier, et place le film dans une lourde position, qui ne lui sied pas forcément. Comédie gentiment politique à l'humour boute-en-train et récit d'anticipation plus fantaisiste que prophétique, "Notre Dame", qui est aujourd'hui présenté en compétition officielle du FIFF, est avant tout le portrait débridé d'une femme.

C'est sur les pas de Maud Crayon (interprétée par Donzelli elle-même) que le film nous entraîne. Déjà épuisée par son odieux patron, ses enfants et son ex-mari très collant, cette architecte modeste voit sa vie agitée propulsée dans le chaos le plus complet par un acte surnaturel : son projet de maquette pour une plaine de jeux s'envole littéralement jusqu'à la mairie de Paris, où il remporte le concours pour construire le nouveau parvis de la cathédrale.

Propulsé par cette touche de réalisme magique, "Notre Dame" nous embarque avec beaucoup de fantaisie dans le capharnaüm qu'est l'existence de son héroïne. Les genres cinématographiques s'alternent de scène en scène sans répit, passant du vaudeville à la comédie musicale, du film muet à celui d'anticipation — un mélange d'inspirations diverses qui réussit plutôt bien aux interprètes.

Le résultat est aussi réjouissant qu'exaspérant, un bric-à-brac d'idées qui ne sont pas toutes convaincantes. On retiendra toute de même ce principe d'un Paris du futur où le stress est tellement présent qu'il n'est pas rare de se faire baffer sans sommation par un inconnu. Pas de doute, l'imprévu est le maître mot de cette comédie aussi anxieuse que légère, et qui, par la force des choses, se retrouve aujourd'hui associée avec une catastrophe.