FIFF : "Chambre 212", les fantômes d'un mariage

FIFF : “Chambre 212”, les fantômes d’un mariage
FIFF : “Chambre 212”, les fantômes d’un mariage - © Jean Louis Fernandez

C’est avec un habitué du festival que s’ouvre cette 38e édition du FIFF. Christophe Honoré, qui était venu il y a déjà 10 ans pour présenter "Non ma fille tu n’iras pas danser", revient cette année avec "Chambre 212", un film qui porte indéniablement sa patte. Les cinéphiles familiers avec le réalisateur reconnaîtront sans erreur son cinéma bavard, ancré dans un milieu bourgeois où l’on discute de cocufiage comme on parlerait des courses du samedi.

C’est d’ailleurs exactement ce que fait Maria (Chiara Mastraoianni), l’héroïne de "Chambre 212", admettant avec désinvolture à son mari (Benjamin Biolay) qu’elle le trompe depuis quelques années déjà. Prise de court par sa réaction contrariée (plutôt que l’inverse), elle s’installe dans une chambre d’hôtel juste en face de son appartement, depuis laquelle elle peut observer son époux en désarroi. Leur mariage survivra-t-il à cette épreuve? Mérite-t-il de continuer ? Sous le poids de ces questions, la voilà visitée par une ribambelle de personnes qui ont toutes leur mot à dire sur le sujet, à commencer par son mari…âgé de 25 ans en moins, et incarné par Vincent Lacoste. Sous peu, il est rejoint par son amour de jeunesse, mais aussi par ses amants à elle, qui envahissent la fameuse chambre 212.

L’idée est riche en possibilités, mais entre les mains d’Honoré, ce concept fantaisiste est avant tout un prétexte à une multitude de scènes cocasses, où les bons mots fusent et les situations absurdes abondent. Léger et facétieux, "Chambre 212" se veut une expérience agréable pour ses spectateurs, comme le soulignent les apaisantes lumières tamisées qui éclairent ses décors. Et à un certain degré, le film est plaisant, notamment grâce à ses acteurs, habiles avec des dialogues pleins d’esprit.

Mais à force de multiplier les détours insolites et d’entretenir une ambiance toute en douceur, le long-métrage s’éloigne de ce qui faisait le cœur de son récit — ce couple qui vacille, sur lequel peu de choses ont vraiment été dites et dont le sort ne nous importe finalement guère. Une fois le tour de magie de "Chambre 212" terminé, on en vient à se demander : à quoi bon faire revenir tant de fantômes, si c’est pour passer à côté de ce qui hante les personnages ?

 

"Chambre 212" est en compétition officielle au FIFF, et sortira dans les salles belges ce 9 octobre.