Eric Toledano et Olivier Nakache, l'interview pour "Hors normes"

Dans chaque nouveau film, le tandem de réalisateurs Eric Toledano/Olivier Nakache aborde un thème différent : après le succès phénoménal d'"Intouchables" et la question du handicap, ils ont traité le thème des illégaux dans "Samba" et celui des organisateurs d’évènements dans "Le sens de la fête". Aujourd’hui, dans "Hors Normes", ils s’attaquent à un sujet difficile : l’autisme.

L'interview intégrale d'Eric Toledano et Olivier Nakache

Cela fait 25 ans que Toledano et Nakache connaissent Stéphane Benhamou, créateur de l’association "Le silence des justes", qui a servi de modèle au personnage principal, Bruno, incarné par Vincent Cassel. Après lui avoir consacré un bref documentaire, ils se sont sentis prêts pour écrire un film de fiction sur son travail. Et le résultat "Hors normes" est exceptionnel. Parce qu’en deux heures, le film parvient à évoquer un éventail très pertinent de tous les problèmes posés par l’autisme dans notre société actuelle – l’angoisse des parents, le suivi médical, l’absence de vraie politique de prise en charge, etc – avec la participation au casting d’authentiques handicapés et de véritables moniteurs.

Le casting

"Hors normes" suit le travail au quotidien de Bruno (Vincent Cassel) et de Malik (Reda Kateb). Le premier, juif, dirige une ASBL qui héberge et prend en charge des adolescents et des jeunes adultes autistes. Le second, arabe, forme des jeunes (souvent déscolarisés) à devenir moniteurs ou accompagnateurs de vie pour ces autistes. Vincent Cassel et Reda Kateb, tous deux parfaitement convaincants, ont réussi à s’insérer dans ce dispositif ultra-réaliste et viennent apporter l’essentielle touche de fiction au scénario. 

Comment faire une comédie grand public avec un sujet difficile ?

Généralement, quand le cinéma français s’empare de la question de l’autisme, les réalisateurs engagent des acteurs plus ou moins doués qui jouent à mimer le handicap, et après une heure et demie de scénario lénifiant, tout est bien qui finit bien, ou presque. Ces films sont insupportables, car avec l’autisme, il n’y a pas de happy end.

Un duo de réalisateurs à toutes les étapes du projet

Deux réalisateurs, ça signifie deux auteurs qui écrivent, qui réalisent, qui dirigent les acteurs, et si parfois leurs démarches de travail semblent contradictoires, c'est parce qu'ils savent ce dont ils auront tous les deux besoin au montage.