Costa-Gavras : "Mon film n’est pas un mélodrame, mais une tragédie où tous les personnages ont leurs raisons"

Comment faire un film avec la crise grecque de 2015 ? Le réalisateur grec Costa-Gavras a d’abord attendu la sortie du livre de Yanis Varoufakis, le ministre des finances du gouvernement d’Alexis Tsipras, et l’un des acteurs clefs des négociations avec l’Europe. Puis en discutant avec lui, il a appris que ce dernier avait pris le parti d’enregistrer ce qui se déroulait lors des réunions européennes, puisqu’il n’en existait aucun procès-verbal. Le cinéaste disposait ainsi d’un matériel véridique de première main pour écrire les dialogues de son long-métrage, "Adults in the room".

A l’écran, le résultat est austère, mais éclairant : derrière les poignées de main et les photos de famille officielles, on découvre des échanges d’une violence et d’une agressivité terrifiantes. Bien sûr, en adoptant le point de vue de Varoufakis, Costa-Gavras livre un film partisan, mais pas pour autant manichéen. Et il parvient, malgré la technicité des débats politiciens, à faire émerger la dimension (in) humaine de cette partie de bras-de-fer, et la profondeur de cette tragédie contemporaine. L’exploit méritait d’être salué.

L’interview intégrale de Costa-Gavras

La dimension historique, la collaboration avec le ministre démissionnaire Yanis Varoufakis, les protagonistes des négociations, la langue des acteurs, tous ces éléments ont dû fonctionner ensemble pour créer le film, qui aurait pu être un mélodrame, mais se révèle plus comme une tragédie, où tous les personnages ont leurs raisons qui ne sont pas les raisons de tout le monde.

La bande-annonce