Christophe Honoré n'aime pas les comparaisons

Christophe Honoré n'aime pas les comparaisons
Christophe Honoré n'aime pas les comparaisons - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

4ème long-métrage de la sélection, "Plaire, Aimer et courir vite" est le premier film français de la compétition. On le doit au réalisateur chouchou des critiques parisiens, Christophe Honoré. Derrière son titre poétique : une histoire d'amour entre deux hommes dans les années 90 avec le sida qui plane comme une menace.

Évidemment, ce thème rappelle le film 120 battements par minutes qui avait tant ému la Croisette l'année dernière et qui fut également le grand gagnant des César cette année. Un film qui traitait lui aussi de l'homosexualité et du sida. Christophe Honoré est autant flatté qu'agacé par cette comparaison récurrente avec le film de Robin Campillo.

"Robin Campillo est comme moi, ce sont des cinéastes qui vont bientôt avoir 50 ans, et comme beaucoup de cinéastes on a envie de filmer notre jeunesse, et boum, ça tombe sur les années 90. Et quand vous étiez jeune dans les années 90, il y avait quand même un truc que vous ne pouviez pas éviter et c'était le SIDA.  On voit bien au bout du compte que quand les gens les rapprochent c'est parce qu'il y a l'idée qu'il y a l'homosexualité dans l'air et que alala voilà... Ça m'énerve. Ça vraiment par contre je trouve ça insupportable. Ça raconte quand même une vraie discrimination. Je ne vois pas pourquoi on rapproche soudain des films par rapport à l'identité sexuelle des personnages. C'est vraiment pour moi une vision étriquée du cinéma et de ce qu'on peut espérer tout de même de l'intelligence d'un spectateur. C'est vrai qu'il y a des fois où je suis surpris qu'en 2018... C'est justement à nous les cinéastes de travailler là-dessus, d'essayer de nourrir l'imaginaire des gens. Mais qu'on puisse rapprocher des films parce que les personnages sont homosexuels c'est un peu insensé."