Cannes: le cinéma iranien est "vivant et dynamique", estime Jafar Panahi

Cannes: le cinéma iranien est "vivant et dynamique", estime Jafar Panahi
Cannes: le cinéma iranien est "vivant et dynamique", estime Jafar Panahi - © AFP PHOTO / ATTA KENARE

Le cinéma iranien est "vivant et dynamique" malgré les menaces, écrit le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi dans une lettre ouverte publiée dimanche après l'annonce de la sélection de son dernier film au Festival de Cannes.

"Pour la première fois dans l'histoire du cinéma iranien, deux films de deux cinéastes iraniens sont présents dans la principale compétition de Cannes. Cette présence est le signe que le cinéma iranien est vivant et dynamique", écrit M. Panahi dans cette lettre publiée par l'agence de presse Ilna, proche des réformateurs.

"Mais très clairement, cela ne plaît pas à ceux qui veulent la mort du cinéma indépendant iranien (et qui sont prêts) à toutes les menaces", écrit-il.

Le Festival de Cannes, dont la 71e édition aura lieu du 8 au 19 mai, a annoncé jeudi que deux films iraniens avaient été sélectionnés pour la compétition officielle : "Three Faces" (Trois visages) de M. Panahi et "Todos lo saben" (Tout le monde le sait), film en espagnol de son compatriote Asghar Farhadi.

Le directeur du festival, Thierry Frémaux, a annoncé avoir demandé à l'Iran d'autoriser la présence de M. Panahi à Cannes. 

Condamné par la justice de son pays pour avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009, M. Panahi est visé par une interdiction de tourner en Iran et de quitter le territoire iranien et est susceptible d'être incarcéré à tout moment. Cela ne l'a pas empêché de remporter en 2015 - au grand dam des conservateurs - l'Ours d'or du festival de Berlin pour "Taxi Téhéran", réalisé clandestinement en Iran et filmé à l'intérieur d'un taxi.

"Il est certain que [...] les pressions vont se poursuivre, mais le cinéma indépendant tentera de préserver son indépendance par des voies nouvelles et créatives", ajoute M. Panahi, un des membres les plus influents de la nouvelle vague iranienne, dans sa lettre ouverte. "Mais mon plus grand souhait en tant que cinéaste est que mes films soient projetés en Iran, même si c'est dans une seule salle et même si c'est dans l'endroit le plus éloigné" du pays, écrit le réalisateur.

Plusieurs médias iraniens rapportent dimanche que la société nationale des réalisateurs a écrit au président Hassan Rohani pour lui demander d'intervenir pour que M. Panahi puisse se rendre à Cannes.