Les derniers films de la compétition

Gérard Depardieu, Isabelle Huppert et le réalisateur Guillaume Nicloux
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Gérard Depardieu, Isabelle Huppert et le réalisateur Guillaume Nicloux - © AFP PHOTO / VALERY HACHE

Cannes, samedi 23 mai. Les trois derniers films présentés en compétition, projetés hier et aujourd’hui, ne devraient pas changer la donne : ils ont peu de chance de figurer au palmarès. Bref passage en revue.

Valley of love

 

Dans " Valley of love ", Gérard Depardieu et Isabelle Huppert incarnent un couple séparé depuis des lustres, qui se retrouve à l’occasion d’un voyage dans la Vallée de la Mort, en Californie. Ils exécutent là la dernière volonté de leur fils, qui s’est suicidé six mois plus tôt, et qui leur a fixé un étrange rendez-vous.

Le réalisateur Guillaume Nicloux brouille les cartes : son personnage principal s’appelle Gérard, il est acteur, il est né à Chateauroux… Gérard Depardieu a-t-il pensé à la mort de son fils Guillaume pour incarner ce personnage ? A la conférence de presse, il a affirmé : " Je n’oserais pas me servir du deuil de Guillaume ".

Quoi qu’il en soit, il écrase de sa présence – au propre comme au figuré – Isabelle Huppert qui, quoique moins cadenassée que de coutume, ne fait pas le poids face à l’ogre du cinéma français. Le problème, c’est que Nicloux hésite entre deux genres, le face-à face "bergmanien " (façon " Scènes de la vie conjugale " dans le désert) et une échappée fantastique. Ce mélange de genres rend son film bancal.

Chronic

 

Dans ce drame, Tim Roth incarne David,un aide-soignant qui accompagne des malades en fin de vie. David s’investit énormément, parfois trop, dans sa tâche, jusqu’à perdre ses repères dans sa propre vie privée…

Tim Roth est juste et digne, mais la mise en scène du cinéaste mexicain Michel Franco ne lui rend pas service : il s’évertue à garder un style distancié qui tue dans l’œuf toute émotion potentielle. Et il bâcle sa fin de manière insensée.

Macbeth

 

Le pouvoir rend fou. C’est ce que dit avec brio la tragédie " Macbeth ", sans doute une des pièces les plus célèbres de Shakespeare. Macbeth, valeureux guerrier écossais, se croit promis à un destin exceptionnel et pour y parvenir, élimine tous ses rivaux jusqu’à devenir un tyran sanguinaire.

Dans cette adaptation, c’est Michael Fassbender qui incarne ce personnage mythique tandis que Marion Cotillard est Lady Macbeth. Le réalisateur Justin Kursel fait du grand spectacle, flirtant avec le style grandiloquent d’un Ridley Scott : c’est " Macbeth " qui rencontre " Gladiator ". Cette approche réaliste est absurde, car elle se marie difficilement avec la poésie imagée de la langue de Shakespeare. Le film a été très mal accueilli à la vision de presse.

 

Hugues Dayez