Will Smith et Margot Robbie, Bonnie and Clyde de l'arnaque dans "Diversion"

Will Smith et Margot Robbie dans "Diversion"
Will Smith et Margot Robbie dans "Diversion" - © Frank Masi - Frank Masi

"Je peux convaincre n'importe qui de n'importe quoi. Un jour, j'ai convaincu un homme qu'un entrepôt vide était la Réserve fédérale", la banque centrale des Etats-Unis, lance Nicky à sa jeune recrue, Jess.

Dans "Diversion", qui sort le 25 mars en Belgique, Nicky (Will Smith) est un maître de l'arnaque organisée, à la tête d'une véritable armée de pickpockets, autour d'une idylle rappelant celle du célèbre couple de tueurs Bonnie et Clyde.

"Si tu peux détourner l'attention de quelqu'un, tu peux lui prendre tout ce que tu veux", explique-t-il à Jess (Margot Robbie), une escroc en herbe qui va devenir son atout charme... et son talon d'Achille.

Les deux entament une liaison et une prolifique collaboration, illustrée notamment par une brillante scène de pickpockets en action dans les rues bondées du "Vieux Carré" de La Nouvelle-Orléans, ou lors d'un pari tendu avec un richissime Chinois.

Sentant le danger venir, Nicky va limoger sans prévenir cette talentueuse recrue. Ils se retrouvent trois ans plus tard à Buenos Aires et l'amour vient compliquer les choses.

"+Diversion+ a une manière géniale de parler du besoin d'authenticité et d'ouverture pour créer un environnement propice à l'amour, et ce personnage bataille avec ça", a expliqué Will Smith lors d'une conférence de presse près de Los Angeles.

L'équipe du film, écrit et réalisé par Glenn Ficarra et John Requa ("Crazy Stupid Love"), a été conseillée par le "consultant" et arnaqueur professionnel Apollo Robbins, surnommé le "gentleman cambrioleur", qui raconte avoir un jour dépouillé les agents du Secret Service de la Maison Blanche préposés à la protection du président américain.

"Maintenant que j'en sais plus sur les pickpockets je comprends pourquoi on m'a volé tant de fois des choses. Je suis la cible parfaite. Je marche avec mon sac ouvert en regardant le ciel, je ne fais pas attention", raconte en plaisantant Margot Robbie, tornade blonde australienne de 24 ans qui donnait la réplique à Leonardo di Caprio dans "Le loup de Wall Street".

Déception au box-office

Will Smith se souvient que sur le tournage, Apollo Robbins a voulu le pousser à se mettre dans la peau d'un vrai voleur. "Il m'a dit +Je veux que tu fasses l'expérience de ce sentiment. Alors tu vas entrer dans cette boutique et tu vas voler quelque chose. On va le rendre, c'est juste pour que tu aies la sensation+."

"Je lui ai répondu: +Mais tu m'as regardé ? Tout le monde me connaît !+"

"C'est une chose de savoir comment on fait, c'est terrifiant de passer à l'acte", renchérit Margot Robbie.

Le film fait aussi allusion aux nouvelles formes d'arnaques, celles orchestrées par les pirates informatiques, moins risquées et potentiellement beaucoup plus lucratives.

Interrogé sur les précautions qu'il prend pour protéger ses données personnelles depuis "Diversion" ou le piratage du studio Sony Pictures, Smith botte en touche: "Oh il suffit d'effacer quelques photos de votre iPhone et tout va bien !".

L'acteur découvert dans la série "Le Prince de Bel-Air", devenu l'un des plus lucratifs du box-office américain ("Men in Black", "A la poursuite du bonheur", "Independance Day"...), s'est lancé dans l'aventure de "Diversion" au moment où il venait d'essuyer l'une des plus grosses déceptions de sa carrière: "After Earth" (2013), 249 millions de dollars de recettes dans le monde "seulement".

"Ca a été dévastateur. J'avais l'idée de moi-même comme quelqu'un qui explose le box-office. (...) Et du coup, j'ai dû apprendre que je peux perdre" à ce jeu, confie le comédien de 46 ans.

Celui qui va retrouver Margot Robbie à l'écran pour tourner "Suicide Squad" aux côtés de Jared Leto dit avoir réalisé qu'il se "laissait définir par ce que d'autres pensaient de (ses) films". Or "Diversion" est le premier film "que j'ai fait en fonction des gens avec qui j'allais travailler ou du plaisir que j'allais y prendre. Ca a été très libérateur".

Le film a reçu des critiques mitigées et a connu un démarrage modeste au box-office: il a pour l'instant engrangé 102 millions de dollars dans le monde.

 

AFP Relax News