Viggo Mortensen réalise son premier film sur une ode à la relation père-fils

Comédien, poète, peintre, héros du "Seigneur des Anneaux"… Et désormais réalisateur : l’acteur Viggo Mortensen passe derrière la caméra avec "Falling", visible à la réouverture des salles, un drame familial intime et maîtrisé sur la vieillesse, la relation père-fils et la mort.

A des années-lumière de la saga fantastique par laquelle Mortensen a définitivement accédé à la célébrité, dans la peau d’Aragorn, "Falling" est inspiré de son expérience personnelle : l’Américano-danois s’y met en scène, dans la peau d’un père de famille moderne. Baptisé John, il élève sur la côte californienne une fillette adoptée, en couple avec un homme d’origine asiatique.

Tout ce que rejette son père, Willis – interprété magistralement par Lance Henriksen – acteur de blockbusters comme "Terminator", ou "Alien", où il joue le plus souvent les "méchants".

L’arrivée dans leur foyer de ce vieux fermier blanc conservateur, perdant peu à peu la tête et condamné par la maladie va bouleverser l’équilibre de la maison.

Peut-on aimer un père qui nous déteste ?

Tout au long du film, par de multiples flash-backs, l’auteur et réalisateur va tirer les fils des rancœurs familiales, nées parfois il y a des dizaines d’années, lorsque la mère de John a été mise à la porte après avoir trompé son mari, où lorsque Willis a appris l’homosexualité de son fils.

Quand la démence efface les souvenirs, est-il encore temps de pardonner ? Peut-on aimer un père qui nous déteste ? Les scènes contemporaines, qui explorent de façon poignante la relation entre ce père et ce fils, désormais séparés par un gouffre, sont parmi les plus réussies.

Dirigé par des cinéastes aussi prestigieux que David Cronenberg (A history of violence"), Jane Campion (Portrait de femme) ou Peter Farrelly (Green book dans lequel il jouait le chauffeur blanc d’un musicien noir, en tournée dans le sud raciste des Etats-Unis), Mortensen a commencé à écrire "Falling" après avoir perdu sa mère.

Le projet, sur la relation "aussi fondamentale que complexe qui lie un enfant à ses parents", n’a été réalisé que plusieurs années plus tard.

L’acteur, trois fois nommé aux Oscars, raconte qu’il ne pensait pas y incarner l’un des rôles principaux. Mais a finalement choisi de le faire, obtenant ainsi le financement nécessaire à la production.