Vers l’infini et au-delà… mais aussi au Cinéma

À l’heure où l’équipage de la navette SpaceX a réussi son décollage, au moment où la mission Alpha vient tout juste de démarrer, intéressons-nous à la conquête spatiale vue au Cinéma. Une conquête qui a, très tôt, très vite, intéressé les réalisateurs.

Espace, frontière de l’infini vers laquelle voyage notre vaisseau spatial, l’Enterprise. Sa mission de cinq ans : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations et, au mépris du danger, aller là où aucun homme n’est allé auparavant…

Depuis sa première diffusion en 1966, voici comment débute chaque épisode de la saga "Star Trek". Mais oui, souvenez-vous du capitaine Kirk et de son second Spock avec ses oreilles pointues et leurs tenues pyjamas. On est bien loin des combinaisons et casques à la Daft Punk de l’équipage de la navette SpaceX emmené par l’astronaute français Thomas Pesquet. En attendant, ce message d’introduction colle parfaitement à l’Histoire de notre conquête spatiale. Une conquête et surtout cet espace qui ont toujours fait fantasmer les réalisateurs.

Bien des années avant d’envoyer un singe, un chien ou un homme là-haut voire de mettre un pied sur la Lune, dès les débuts du Cinématographe, ce thème de la conquête spatiale a brillamment été exploité par Georges Méliès, le magicien (au propre comme au figuré) de l’image, avec son "Voyage dans la Lune" réalisé en 1902. Bon ok, avouons-le, la caution scientifique de cette féerie baroque est nulle. Les scientifiques du film portent des chapeaux pointus et les astronautes quand ils débarquent sur la Lune affrontent ses habitants à coups de… parapluie !

Vous êtes des enfants jouant avec des maquettes en bois !

C’est l’une des répliques du film "First man" de Damien Chazelle ("La La Land") avec Ryan Gosling parfait pour incarner dans ce biopic Neil Armstrong. Cette réplique, elle est prononcée par la femme de l’astronaute s’adressant, en colère, aux directeurs de la Nasa. Ce film (qui joue magnifiquement sur nos sens, très physique, à regarder et à écouter surtout, tellement le travail sur le son fut important) nous dépeint une Nasa pas réellement populaire à l’époque de la mission Apollo 11. Dans les années 50 et 60, l’agence spatiale coûtait très cher et ses expériences étaient à l’origine de nombreux décès parmi les aspirants astronautes. Tout cela nous est montré avec brio.

Pour bien comprendre les débuts de cette conquête spatiale, entre fougue et dangerosité, je ne peux que conseiller de voir ou revoir "L’étoffe des héros" avec Sam Sheppard, Ed Harris et Dennis Quaid. Ce film, sorti en 1983, retrace la vie de ces pilotes d’essais américains d’après-guerre qui ont passé le mur du son et qui ont participé aux premiers vols spatiaux habités. De véritables têtes brûlées vivant une certaine folie les manettes des gaz poussées au maximum, le tout sur fond de guerre froide naissante.

Toujours dans ce contexte de guerre froide, laissez-moi encore vous conseiller le film "Countdown" de Robert Altman ("Mash"). "Countdown" est sorti en 1968, soit la même année que le grand "2001 l’odyssée de l’espace" de Stanley Kubrick, soit aussi 1 an avant l’exploit de Neil Armstrong. Ce film nous plonge en pleine course lunaire entre les Etats-Unis et l’URSS. Pour les besoins de son film, afin de gagner en crédibilité, Altman a pu accéder aux installations de la NASA, comme Cap Canaveral. Malgré cette authenticité, "Countdown" néglige quelques aspects importants. Pour les séquences lunaires, il n’y a aucune allusion aux forces gravitationnelles faibles de l’astre et donc on voit l’acteur James Caan marcher sur le sol tranquillou pépouse.

Houston, nous avons un problème !

Cette phrase a été prononcée le 17 avril 1970 par Jack Swigert, l’un des pilotes de la mission Apollo 13. Des astronautes partis en RTT sur la Lune pour y collecter des roches mais qui ont dû faire marche arrière après l’explosion d’un réservoir d’oxygène. Or, comme le vaisseau n’était pas équipé pour faire demi-tour dans l’espace, les trois astronautes ont dû faire le tour de Lune pour se servir de sa gravité comme d’une rampe de lancement vers la Terre. Tout cela vous a été merveilleusement bien raconté et filmé dans "Apollo 13" le film de Ron Howard emmené par Tom Hanks et Kevin Bacon (le Swigert en question). Juste comme ça, la phrase qui a réellement été prononcée est "Houston, we’ve had a problem", soit "Houston, nous avons eu un problème".

Il y a encore un film que j’aimerais citer dans ce petit tour d’horizon de cette conquête spatiale vue au Cinéma. Son titre ? "Les figures de l’ombre". Ce film relate l’incroyable histoire de Katherine Johnson, une brillante Afro-Américaine travaillant à la NASA. Elle a été le véritable cerveau derrière le vol en orbite de l’astronaute John Glenn. Voilà un film aussi touchant qu’intelligent qui parle de l’émancipation des femmes, de racisme et de conquête spatiale !

Parodiant Neil Armstrong, je vous dirais encore, avec ces quelques titres de film…

C’est un petit pas pour l’Homme mais un pas de géant vers une soirée ciné réussie !