Un documentaire passionnant à découvrir au BIFFF : "Horror Noire : A History of Black Horror"

Présenté en ligne par le Brussels International Fantastic Film Festival, le documentaire de Xavier Burgin nous offre une passionnante relecture du cinéma horrifique.

Scandaleusement absentes, jouées par des personnes blanches, représentées de manière problématique : on le sait, les personnes noires ont été mises au ban d’une grande partie de l’histoire du septième art. Le cinéma d’horreur américain n’y fait pas exception, comme en témoigne l’excellent documentaire présenté au BIFFF, "Horror Noire : A History of Black Horror" de Xavier Burgin.

Partant de "Naissance d’une Nation", œuvre clé du cinéma muet qui participa à la renaissance de Ku Klux Klan, pour nous amener jusqu’au récent "Get Out" de Jordan Peele, le documentaire retrace l’évolution compliquée de la représentation des Noirs à travers les décennies. Le sujet s’avère passionnant : entre les personnages destinés à être sacrifiés ("Shining"), ceux qui firent les beaux jours de la Blaxploitation ("Blacula") et les méchants issus de légendes urbaines ("Candyman"), l’histoire du cinéma horrifique est riche en contrastes. "Horror Noire" souligne à quel point les films reflètent leur époque, parfois de manière accidentelle. C’est le cas de "La Nuit des Morts-Vivants" qui sortit peu après l’assassinat de Martin Luther King, donnant au film une résonance que son auteur n’avait pas envisagée.

Riche en informations et en références, "Horror Noire" est un documentaire didactique, mais aussi ludique, grâce à la participation de ses intervenants. Confortablement installés dans une salle de cinéma, une poignée d’actrices, d’acteurs, de cinéastes et d’experts expriment leur vécu, leurs opinions et leurs perspectives sur cet art qui ne leur a pas toujours fait honneur. Avec humour, passion et conviction, ils évoquent les stéréotypes les plus récurrents et les plus insidieux, mais célèbrent aussi les œuvres qui sont parvenues à les éviter, ou à les transcender. Le film témoigne d’une évolution positive des représentations ces dernières années, qui trouve son point d’orgue avec "Get Out", que beaucoup d’intervenants envisagent comme un nouveau chapitre dans l’histoire de l'"horreur noire". Il y a encore du travail à faire pour améliorer le genre, mais le documentaire se veut optimiste à cet égard : le futur du cinéma d’horreur n’a pas à reproduire les erreurs du passé.
 

Le film est à découvrir sur la plateforme en ligne du BIFFF jusqu’au 18 avril.