"Umrika", "Summer": la jeunesse en quête d'émotions fortes

"Umrika", "Summer": la jeunesse en quête d'émotions fortes
"Umrika", "Summer": la jeunesse en quête d'émotions fortes - © Umrika film

"Umrika" de l'Indien Prashant Nair et "Summer" de la Lituanienne Alanté Kavaïté mettent en scène des jeunes gens en quête d'émotions fortes, à l'heure du délicat passage de l'adolescence à l'âge adulte. Tous deux ont été récompensés au dernier Festival de Sundance.

- "Umrika", comédie dramatique écrite et réalisée par Prashant Nair ("Delhi in a Day") avec Suraj Sharma ("L'Odyssée de Pi") et Tony Revolori ("Grand Budapest Hotel"), récompensée du prix du public dans la catégorie "Films internationaux" au dernier festival du film indépendant de Sundance, est une critique en creux du rêve américain, qui a gouverné les esprits dans les années 70 et 80.

Dans un petit village reculé de l'Inde où l'on vit humblement, dans des huttes en torchis, tous les rêves de modernité et de richesse conduisent invariablement vers l'Amérique, "Umrika" comme ils disent là-bas. Un Eldorado lointain qu'un jeune homme, Udai, a décidé de rejoindre.

Le jour du départ, tout le village vient lui dire au revoir, sa mère pleure, son père est fier et son petit frère Rama voit en lui un héros. Les mois passent et le facteur du village n'apporte aucune nouvelle. La mère tombe malade d'angoisse, le père ne sait plus quoi faire pour lui redonner goût à la vie.

Tous redoutent le pire quand enfin, lettres et colis affluent. La famille retrouve joie et fierté. On lit ses aventures dans les veillées communes, les lettres accompagnées d'images d'Umrika circulent de main en main. On rit ou on s'effare de ce qu'elles révèlent de l'Amérique.

Rama grandit dans l'ombre de ce frère courageux. Puis les lettres s'espacent et cessent d'arriver. A la mort du père, Rama fait une découverte aussi bouleversante que déterminante.

Avec le soutien de son meilleur ami, il décide de partir sur les traces de son frère, qui le conduisent dans le port de Mumbai. Là son enquête commence véritablement, parallèlement à son initiation à l'existence.

- "Summer", de la réalisatrice lituanienne Alanté Kavaïté, prix de la mise en scène dans la catégorie "Films internationaux" à Sundance, est une coproduction lituanienne, française et hollandaise, avec Julija Steponailyté, Aisté Dirziuté.

Sangaïlé, sylphide solitaire de 17 ans, passe l'été avec ses parents dans une belle villa au bord d'un splendide lac de Lituanie, où la famille prend pension chaque année à la saison chaude. Sangaïlé rêve de faire de la voltige aérienne et va tous les ans assister seule sur sa bicyclette à un show aérien.

Elle y rencontre Austé, une voluptueuse jeune fille de son âge, plus mûre et d'un milieu modeste, qui vit seule avec sa mère dans une HLM des environs. Styliste de mode douée, elle est vive, gaie, comme son double inversé.

Austé apprivoise Sangaïlé, l'invite chez elle, parvient à la mettre en confiance au point qu'elle accepte de se dénuder et de devenir son mannequin lors de séances de photos pour le "book" de la jeune créatrice.

Les jeunes filles s'éprennent l'une de l'autre, dans la sensualité des superbes paysages bordant le grand lac lituanien, magnifiés par la musique originale de Jean-Benoît Dunckel, du groupe français Air.

Sangaïlé sort peu à peu de sa chrysalide, mais son entrée dans l'âge adulte reste entravée.