"Transferts" : dystopie dualiste

"Transferts" : dystopie dualiste
"Transferts" : dystopie dualiste - © Arte

La nouvelle série dystopique d’Arte après Trepalium et Osmosis nous plonge dans un futur proche transhumaniste.

 

Florian Bassot, ébéniste et père de famille se réveille dans la peau d’un autre, après avoir été cinq années dans le coma, il a été “transféré” dans le corps d’un policier en état de mort cérébrale. Florian doit désormais se cacher puisque l’Etat dans lequel il vit chasse les transférés (le transfert légal ayant été interdit), il va devoir prendre l’identité de son nouveau corps : Sylvain Bernard, un flic violent au passé trouble. Florian va devoir prendre en route cette vie qu’il n’a pas choisie, tout en renouant avec sa femme et ses enfants. Il devra continuer l'enquête de Sylvain sur les trafics de transferts et s’allier avec une bien étrange petite fille. Peu à peu, il sent que le propriétaire de son nouveau corps se manifeste.

La nouvelle série co-produite par Arte et réalisée par Olivier Guignard, s’inscrit donc dans le désir de la chaîne de donner dans l’anticipation et le futur. Le thème transhumaniste est au coeur de “Transferts” puisque la technologie a été créée par une société en quête d’immortalité mais aussi de gros sous. La série tournée à Bruxelles compte six épisodes d’une cinquantaine de minutes qui se dévorent assez rapidement. 

 

Le gros point positif de la série est son scénario, efficace et prenant, il est aussi assez travaillé pour qu’on ne sente pas du déjà-vu. Il interroge le dualisme cartésien qui veut que l'esprit et le corps seraient deux substances distinctes et sans interactions, une croyance remise en cause par le phénomène du "contre-transfert". Son aspect moderne et la bonne utilisation des effets technologiques sont suffisamment rares dans les séries européennes pour être soulignés. La retenu se situe davantage dans le casting, certains acteurs sont un peu trop en décalage avec le ton de la série : le côté théâtral et l’articulation forcée obscurcissent quelque peu les performances, c’est bien dommage.

 

Les thèmes forts de “Transferts” vont aussi voir du côté du politique et du religieux. Les principales forces du pays : l’Etat policier, sa milice (la BATI) et le représentant religieux fort du pays pointant tous trois les transférés comme maux de la société. Pourtant, ils ne sont que le fruit du désir d’immortalité d’un homme qui utilise son argent pour financer des expériences “frankensteinesques”. 

 

 

“Transferts” est à voir sur Arte

Attention, elle n’est disponible que jusqu’au 16 décembre.