"The Rover", pépite hallucinée avec Robert Pattinson

"The Rover" de David Michod
"The Rover" de David Michod - © ©All Rights Reserved

"The Rover", en salles en Belgique le 4 juin, plonge le spectateur dans une atmosphère sanglante de western de fin du monde, avec le bush australien comme décor halluciné et un duo improbable (Guy Pearce et Robert Pattinson) contraint de faire équipe pour parvenir à ses fins.

Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, ce road-trip inspiré se déroule quelques années après l'effondrement des économies occidentales.

Les mines australiennes, encore en activité, attirent des hommes désespérés sans foi ni loi, qui se servent de leur arme pour un oui, pour un non. Dans cette société moribonde, survivre est un combat de chaque instant.

Pour tenter de contenir la situation, l'armée patrouille dans la poussière du désert, de village désaffecté en bicoques laissées à l'abandon.

Eric (Guy Pearce), ancien fermier devenu vagabond, n'a plus rien à perdre. C'est un homme froid rempli de colère. Quand trois hommes armés lui volent sa vieille guimbarde, son sang ne fait qu'un tour: il veut retrouver coûte que coûte sa Rover poussiéreuse, son seul bien.

Derrière eux, les braqueurs ont laissé pour mort l'un des leurs, Rey (Robert Pattinson), grièvement blessé par des militaires alors qu'ils commettaient leur forfait. Eric l'embarque dans le pick-up abandonné par les voleurs. Il fait soigner le jeune homme, comptant sur lui pour retrouver la piste des trois hommes.

Durant le périple qui les mène jusqu'aux voleurs, on suit la transformation des deux personnages aux trajectoires improbables, le vieil Australien aigri et renfermé et le jeune Américain un peu immature en quête du frère qui l'a abandonné.

Lutte pour la survie

L'Australien David Michôd signe un drame violent et intense, souligné par une belle bande-son et non dénué d'effets drolatiques, comme cette voiture passant sur le toit sous le nez d'Eric sans qu'il cille.

Le jeune réalisateur voulait que son film "révèle un monde parfaitement plausible et envisageable, dans un futur très proche, un monde pillé et asséché par des forces et des systèmes tout à fait réels, qui sont à l'oeuvre partout autour de nous".

"The Rover" "parle des problèmes apparemment insolubles de l'avidité humaine face à la destruction de notre environnement, et du désespoir auquel ces forces pourraient pousser les peuples qui luttent pour survivre", comme c'est le cas aujourd'hui au Nigeria ou en Sierra Leone, souligne le cinéaste dans une note d'intention.

Son premier long métrage, "Animal Kingdom", fut particulièrement remarqué, notamment au Sundance Festival de 2010, où il reçut le Grand Prix du jury (film étranger).

Robert Pattinson, impeccable, était également présent à Cannes en compétition avec "Maps to the Stars", du Canadien David Cronenberg, où il campait un chauffeur de limousine pour célébrités, un rôle secondaire cette fois.

 

AFP Relax News