"The Birth of a Nation", un film sans concession sur l'esclavage

Film sur une révolte d'esclaves inspirée d'une histoire vraie, "The Birth of a Nation" vient porter un regard puissant sur l'esclavage aux Etats-Unis trois ans après "12 Years a Slave", Oscar du meilleur film en 2014.

Ce film écrit, réalisé et interprété par Nate Parker, un quasi-inconnu de 37 ans, a longtemps été donné comme un favori dans la course aux Oscars mais a souffert d'une violente polémique aux Etats-Unis, qui lui a considérablement fait de l'ombre.

Le réalisateur a été accusé avec son co-scénariste, Jean Celestin, d'avoir violé en 1999 une étudiante quand ils étaient à l'université. 

Nate Parker a été acquitté en 2001 et Jean Celestin condamné à six mois de prison avant de voir sa condamnation annulée en appel, quand son accusatrice a refusé de témoigner à nouveau. 

Cette affaire, dont Parker pensait qu'elle appartenait au passé, a rejailli sur le devant de la scène en août quand le magazine Variety a révélé que la jeune femme s'était suicidée en 2012 dans un centre de désintoxication.

Avant cette polémique, le film - qui emprunte son titre au classique américain de D.W Griffith (1915) - avait gagné le Grand Prix du jury au festival du film indépendant de Sundance (Etats-Unis) et tombait à pic dans un pays traumatisé par la mort de Noirs non armés sous les balles de policiers en majorité blancs. 

Conscient de son potentiel, Fox Searchlight l'avait acheté pour la somme record de 17,5 millions de dollars.

Bain de sang

Racontant l'une des plus importantes rébellions d'esclaves aux Etats-Unis survenues en 1831, le film conte le destin de Nat Turner, un prédicateur noir très écouté.

Choqué par les atrocités commises sur ses semblables, il va finir par s'élever contre son sort d'esclave et prendre les armes. Ce "n'est pas un film sur la haine, bien au contraire", s'est défendu le réalisateur dans les notes d'intention. 

La révolte finira dans un bain de sang. 

Avec ses scènes parfois très violentes, "The Birth of a Nation" est sans concession, relatant quantité d'atrocités et faisant des portraits terribles des esclavagistes. Même le maître de Nat, avec qui il grandit, est décrit comme un dépravé alcoolique, incapable de la moindre empathie.

En revanche, le personnage principal, guidé par sa foi, est filmé de manière un peu hagiographique, le réalisateur voulant en quelque sorte réhabiliter cette figure controversée de l'Histoire américaine.

Il "avait un tel désir de voir le monde changer de manière positive qu'il a opté pour ce qui lui semblait être la voie la plus rapide pour obtenir des résultats. Il était simplement déterminé à mettre un terme à l'enfer qui était son quotidien", a-t-il plaidé. 

Une scène devait néanmoins mettre tout le monde d'accord: on y voit des corps d'esclaves pendus aux arbres sur "Strange fruit", la chanson de Billie Holiday sur les lynchages dans le sud des Etats-Unis. Un moment d'émotion.

"Naissance d'une nation" ("The Birth of a Nation) sort en Belgique le 11 janvier 2017.


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