"Temblores" de Jayro Bustamante, un Guatemala machiste, sous la férule de l'église

Jayro Bustamante en tournage
Jayro Bustamante en tournage - © Cinéart

Jayro Bustamante a choisi la fiction, et non le documentaire, même si le film est très documenté du point de vue religieux. Une fiction donc pour évoquer l’homosexualité dans son pays, le Guatemala. Pays qui n’interdit pas l’homosexualité du point de vue de la loi, mais bien du point de vue de la bien-pensance. Et dans une société machiste comme celle-là, seule l'homosexualité masculine préoccupe. Pourquoi se féminiser quand on a la chance d'avoir un sexe masculin ? La femme qui n'a pas trouvé d'homme se console avec une femme, mais la société s'en fiche, nous dit le réalisateur.

"L’important est de ne pas se laisser duper parce que l’on croit être le bonheur ". Une réplique du film adressée au héros, Pablo, marié, deux enfants, pratiquant, et amoureux d’un homme plus jeune.

L’église est décortiquée, pointée du doigt, mais sa puissance et son influence dépasse ce que l’on peut imaginer. Un film riche en émotions, qui nous ouvre l'horizon.

Christine Pinchart a rencontré Jayro Bustamante