"Room", drame poignant sur la captivité et l'amour maternel

Brie Larson (à droite) a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans "Room"
Brie Larson (à droite) a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans "Room" - © Universal Pictures

"Room", inspiré du drame d'une femme prisonnière dans une toute petite pièce avec son fils né en captivité, a transporté la critique et remporté l'Oscar de la meilleure actrice grâce à l'interprétation poignante de Brie Larson.

Film-choc de l'Irlandais Lenny Abrahamson avec Brie Larson dans le rôle-titre, il est adapté d'un roman d'Emma Donoghue, inspiré d'un fait divers glaçant.

Le calvaire d'Elisabeth Fritzl, prisonnière et violée pendant 24 ans par son père dans un sous-sol en Autriche, a ému le monde entier. Elle a été libérée en 2008, après avoir été enceinte de sept enfants (dont un est mort à la naissance).

Le réalisateur avait dit au festival de Toronto, où "Room" a reçu le prix du public, qu'il avait essayé de laisser de côté la vraie histoire pour créer son film.

"Room", au final, est autant le récit d'une captivité que celui d'une évasion.

Il raconte l'histoire de Joy "Ma" Newsome (Brie Larson), une jeune femme de 24 ans détenue depuis sept ans par "Old Nick" dans une toute petite pièce avec Jack, 5 ans, né de son viol par leur bourreau.

'Marathon émotionnel'

"Ma" fait tout pour donner l'illusion de la normalité à Jack, incarné par Jacob Tremblay, prodige de neuf ans.

Elle lui fait faire de l'exercice, de la lecture, prendre des vitamines, invente toute une réalité fantasmée pour l'empêcher de souffrir... tout en préparant un plan d'évasion.

Lorsque qu'il est mis à exécution et que mère et fils retrouvent la liberté, c'est une autre épreuve qui commence: les retrouvailles douloureuses avec sa famille, la réadaptation à la vraie vie après tant d'années perdues.

Sean Bridgers joue le kidnappeur et père de Jack, Old Nick. A l'affiche du film figurent également William H. Macy et Joan Allen.

Larson, qui a décrit le film comme un "marathon émotionnel", a passé six mois à étudier l'impact des agressions sexuelles et à lire des témoignages sur les prisonniers en isolement.

Malgré un budget modeste et des recettes de 18 millions de dollars dans le monde entier, "Room" a créé l'événement dès sa première au festival de Telluride en septembre.

Brie Larson, quant à elle, accède grâce à ce rôle au club des actrices les plus demandées d'Hollywood après avoir raflé tous les principaux prix décernés aux actrices cette saison, notamment un Golden Globe, un prix des acteurs d'Hollywood (SAG) ou un BAFTA (cinéma britannique).

A chaque récompense, elle n'a pas manqué de rendre hommage à son partenaire à l'écran, affirmant notamment que son humour et sa joie de vivre lui ont permis de garder de la distance pour ne pas se laisser happer par les émotions sombres et dévastatrices traversées par son personnage.

Quant à Jacob Tremblay, il a charmé Hollywood et bien au-delà. Et lui non plus ne manque aucune occasion de saluer sa mère de cinéma.

Le film est sorti en Belgique le 2 mars dernier.