Road-movie dans l'"Arménie fantôme" mardi sur Arte

"Voyage en Anatolie" sera diffusé mardi 27 septembre sur Arte, à 23h30
"Voyage en Anatolie" sera diffusé mardi 27 septembre sur Arte, à 23h30 - © Les Films du Balibari

Documentaire en forme de road-movie, le "Voyage en Anatolie" raconte l'émouvant retour d'un groupe de "touristes" d'origine arménienne sur les terres de leurs ancêtres en Turquie et leur confrontation à la mémoire occultée du génocide.

Ce documentaire de 60 minutes, produit par les films du Balibari avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, sera diffusé mardi sur Arte à 23h30.

A l'origine de ce film, le désir de la productrice, Clara Vuillermoz, de marquer le centenaire du génocide arménien en 2015. Elle s'en ouvre à Bernard Mangiante, 59 ans, auteur d'une quinzaine de films pour la télévision, dont un documentaire remarqué sur le génocide cambodgien, "Le Khmer rouge et le non-violent".

"Je n'avais pas envie de faire un documentaire historique classique avec des archives, des interventions d'historien, j'avais envie de faire un film au présent, d'aller voir ces territoires et ce que c'est aujourd'hui d'être arménien", explique le réalisateur à l'AFP. 

En faisant des recherches, il découvre qu'en Arménie, des tour-opérateurs proposent des circuits d'un genre particulier, pour ceux qui souhaitent découvrir les régions turques autrefois peuplées d'Arméniens. 

Il décide de s'en inspirer mais pour ne rien laisser au hasard, compose lui-même un groupe de 7 personnages originaires d'Arménie, de Turquie et de diaspora. 

"Un casting documentaire" lié à "trois espaces mentaux": "l'Arménie réellement existante", à savoir la République éponyme, "l'Arménie fantôme", autrement dit ce qui reste de la présence arménienne en Turquie, et "l'Arménie rêvée" des Arméniens de la diaspora. 

De Kars à Van en passant par Erzurum, le réalisateur Bernard Mangiante filme le périple de sa "petite troupe de théâtre ambulant" autour du Mont Ararat et leur découverte, empreinte d'émotion, des lieux de la culture arménienne: églises ou cimetières à l'abandon, villes et villages kurdes dont rien ne vient rappeler qu'ils furent un siècle plus tôt arméniens.

Jonglant entre les langues, l'historien Raymond Kevorkian, spécialiste de ce génocide qui n'est pas reconnu par la Turquie, fait office de guide pour le groupe, révélant les non-dits et corrigeant les mensonges de l'histoire officielle. 

Avec tact, la caméra saisit le trouble qui s'empare de ces touristes d'un nouveau genre face au déni et aux préjugés qui ont toujours cours dans cette région située près de la frontière avec l'Arménie, fermée depuis 1993 à cause du conflit sur le Haut-Karabakh.