Quoi de neuf sur Netflix ? "The Rachel Divide"

Quoi de neuf sur Netflix ? “The Rachel Divide”
Quoi de neuf sur Netflix ? “The Rachel Divide” - © Tous droits réservés

Une femme blanche qui se prend pour une noire alors qu’elle était militante pour les droits afro-américains, Netflix revient sur l’affaire Dolezal.

 

La polémique a éclaté en juin 2015 aux Etats-Unis. Alors qu’elle était filmée par une chaîne de télévision locale en sa qualité de présidente de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), la militante Rachel Dolezal n’a pas pu répondre à une simple question concernant sa couleur de peau. Avec son teint brun et sa coupe afro, Dolezal se faisait pourtant passer pour une personne d’ascendance africaine et a expliqué par la suite “s’être toujours sentie noire” sans l’être génétiquement donc. Après son désaveu et la confirmation de la supercherie par ses parents biologiques blancs, la professeure d’études africaines et activiste a du non seulement démissionner de son poste à la NAACP mais aussi affronter la colère de nombreux Noirs Américains. Depuis la révélation, Rachel Dolezal ne peut plus faire un pas dans sa ville de Spokane dans l’Etat de Washington sans être reconnue. Pour Netflix, Laura Brownson a suivi pendant plusieurs semaines le quotidien de celle qui s’est autoproclamée “trans raciale” afin de comprendre pourquoi cette femme s’est accaparé un combat qui n’est pas le sien. 

 

“The Rachel Divide” revient sur l’enfance de la militante. Née dans le Montana, Rachel est la fille biologique de Ruthanne et Lawrence Dolezal et la soeur de Joshua. Alors qu’elle était adolescente, ses parents ont eu une révélation et ont décidé d’adopter quatre enfants. Parmi eux, trois sont des afro-américains et le dernier est d’origine haïtienne. Ruthanne et Lawrence ont non seulement élevé leurs enfants noirs comme des blancs, sans les mettre au courant de leur origines et leur histoire mais les ont aussi largement violentés. C’est dans ce contexte que Rachel a décidé de s’intéresser au concept de “race” (un terme admis aux Etats-Unis) et a commencé à éduquer ses frères et soeurs. C’est à ce moment que l’adolescente a ressenti sa proximité avec la cause noire. La femme a ensuite adopté son petit frère Izaiah et soutenu sa soeur Esther qui accuse Joshua d'abus sexuels. Rachel Dolezal a aussi eu un fils biologique, Franklin, lui aussi afro-américain. Dans le documentaire, Netflix tente d’introduire une réflexion plus globale sur les enjeux et la signification d’appartenance communautaire aux Etats-Unis.

 

Mais le problème, comme le soulève justement The Guardian, est qu’il s’agit encore une fois de donner la parole à une personne blanche et attirer pour elle de la sympathie malgré sa mythomanie. “The Rachel Divide” se focalise sur les malheurs d’une femme blanche qui se prend pour une noire sans avoir subi aucun des traumatismes liés à la couleur de peau. Si tout le monde s’accorde à dire qu’elle a été une présidente remarquable de la NAACP, Rachel Dolezal apparaît comme une personne totalement égoïste qui s'accapare une histoire chargée de souffrance et en faisant subir à ses fils ses mensonges. Aujourd’hui encore, elle est critiquée pour ne pas assumer qui elle est et pour tenter d’expliquer le concept de “race” par un état d’esprit (on ne peut pas être noir dans l'âme). Même s’il se focalise sur une personne qui fait usage d’un privilège blanc, le documentaire Netflix soulève quelques réflexions intéressantes sur le concept d’appartenance, de communauté et de couleur de peau.

 

 

“The Rachel Divide” est à voir sur Netflix depuis le 27 avril.