"Promised Land": quand le gaz de schiste interroge "l'identité américaine"

'Promised Land' avec Matt Damon et John Krasinski
'Promised Land' avec Matt Damon et John Krasinski - © ©Focus Features. All Rights Reserved

Avec "Promised Land", sur les écrans français mercredi, l'acteur et co-scénariste Matt Damon part en quête de "l'identité américaine" en prenant pour toile de fond l'exploitation du gaz de schiste, un sujet écologiquement explosif depuis deux ans en France.

Steve Butler (Matt Damon), commercial d'une grande société, avec sa collègue Sue (Frances McDormand), doit convaincre les fermiers d'une petite communauté de Pennsylvanie souffrant de la crise, de lui accorder les droits de forage sur leurs terres pour l'exploitation de gaz naturel.

La méthode par fracturation est risquée pour l'environnement, il le sait, mais n'en parle pas, leur faisant miroiter les énormes profits de la future exploitation. Les habitants vont devoir se décider.

Le "pitch", très ancré dans l'Amérique rurale, résonne évidemment aussi de ce côté-ci de l'Atlantique, où le gaz de schiste nourrit des débats enflammés depuis deux ans. Des débats toujours d'actualité en dépit de l'interdiction, à l'été 2011, de la technique de forage contestée, la fracturation hydraulique.

Avant sa sortie officielle, le distributeur a profité de ce contexte porteur et du débat lancé par le gouvernement sur l'énergie pour organiser plus d'une centaine d'avant-premières à travers la France.

Il y a deux ans, le documentaire-choc américain "Gasland" avait connu un joli succès d'audience dans l'Hexagone et contribué à la mobilisation contre ces gaz de schiste.

"John Krasinski (acteur et co-scénariste) et moi avons fait beaucoup de recherches sur la fracturation (hydraulique) et les gens qui sont chargés de passer des contrats avec les habitants à la campagne. On a rencontré beaucoup d'entre eux et appris comment ils les abordent, ce qu'ils leur disent, l'un avouant porter une casquette avec une marque de tracteur connue, l'autre rouler en pick-up pour faire couleur locale. On n'a rien inventé", expliquait Matt Damon lors de la Berlinale en février.

Pour autant, le film, réalisé par Gus Van Sant, avec lequel Matt Damon avait obtenu un Oscar pour "Will Hunting" en 1997, est moins un manifeste anti-gaz de schiste qu'un regard sur l'Amérique contemporaine.

"Il s'agissait en fait de faire un film sur l'identité américaine. Le sujet lui-même est secondaire. Il s'agissait de montrer comment nous prenons nos grandes décisions", disait Matt Damon.

"Traditionnellement, il y a un sens de la communauté, on se serre les coudes et je crois que l'Amérique s'est éloignée de cela et nous voulions l'aborder (...). On voulait des personnages qui parlent au nom de la génération précédente (toutes les générations sont représentées dans le film, ndlr)", avait ajouté celui qui est la cheville ouvrière d'un film récompensé d'une mention spéciale à la Berlinale.

"Promised Land" a reçu des critiques très mitigées aux États-Unis, où il a fait peu d'entrées mais en France la ministre de l'Écologie, Delphine Batho, a plutôt apprécié, y voyant "un film éloquent sur l'envers du décor de l'essor des gaz de schiste aux États-Unis et notamment sur les méthodes des compagnies pétrolières".

 

AFP Relax News