Projection spéciale de "Enter the Void" à la Cinématek, précédée d'une conférence

Enter the Void
Enter the Void - © Unifrance

Voyage psychédélique, Enter the Void ne pourrait laisser quiconque indifférent. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, chacun des films de Gaspar Noé est bouleversant. La cruauté de Carne et de sa "suite", Seul contre tous, la violence sans limites d’Irreversible, ou, plus récemment, l’érotisme en relief de Love, ont tous fait réagir la critique.

La Cinématek rend hommage au réalisateur italo-argentin le mardi 6 juin, en projetant Enter the Void (2010), précédé d’une conférence animée par Jeremi Szaniawski, professeur de cinéma.

Le film s’ouvre à l'intérieur d'un appartement à Tokyo, dans un espace entouré d’enseignes lumineuses et de néons aux couleurs saturées. Tout est filmé à la première personne : le spectateur incarne littéralement le regard d’Oscar, un petit dealer qui cohabite avec sa sœur, Linda. Dès les premières minutes du film, le jeune homme est trahi par un client et se fait abattre par la police dans les toilettes d’un bar. Mais Oscar refuse de quitter le monde des vivants, car il a fait la promesse à sa sœur qu’il ne l’abandonnerait jamais.

Accompagnée d’une musique vertigineuse, la caméra endosse alors la vision de cette âme troublée et s’autorise une déambulation sans restriction temporelle et spaciale. Les plans séquence s’enchaînent, conduisant le spectateur à un trip fantomatique dans les limbes de la mégalopole japonaise. Comme si la scène métaphysique de la mort de Dave Bowman dans l’Odyssée de l’Espace s’étendait sur toute la durée d’un film…

C’est justement le propos de la conférence qui précèdera la projection du long-métrage, qui tentera de mettre en lumière l’influence profonde de Stanley Kubrick sur les cinéastes contemporains. Avec 2001, le réalisateur américain ouvrait la porte au cinéma psychédélique à l’aube des années 1970, débouchant sur des propositions cinématographiques allant de The Trip (Roger Corman, 1967) à Easy Rider (Denis Hopper, 1969). Un cinéma qui cherche à questionner les limites de la conscience, qui se prolonge vers un monde "autre".

Gaspar Noé est influencé donc (il considère L'Odyssée de l'Espace comme "un objet parfait"), mais il est également un influenceur. Précurseur de la réalité virtuelle qui s’affirme peu à peu au cinéma (comme on a pu le voir tout récemment à Cannes avec le court-métrage d’Alejendro Gonzalès Iñárritu, montré entièrement en réalité virtuelle), l’esthétique néo-punk d’Enter the Void a eu un véritable impact sur la pop culture actuelle : on retrouve, par exemple, sa caméra aux mouvements impossibles et ses couleurs fluorescentes dans le clip L$D du rappeur A$AP Rocky (Dexter Navy, 2015).

 

(Re)voyez Enter the Void à la Cinématek, mardi 6 juin 2017 à 20h30
En préambule, la conférence "Enter the brain : les héritiers de Stanley Kubrick" aura lieu à 19h

Cinématek
Rue Baron Horta 9, 1000 Bruxelles