Procès du cinéaste russe Serebrennikov : pas une "censure", une affaire "financière"

Le procès contre le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov, inculpé pour un détournement présumé de fonds publics, n'est pas de la "censure" mais une affaire "purement financière", a défendu mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Ce qui se passe (avec Serebrennikov - NDLR), c'est le contrôle des dépenses de l'argent" public, a-t-il ajouté alors que l'arrestation du réalisateur a suscité une forte émotion dans les milieux culturels et artistiques en Russie et à l'étranger.

Directeur artistique du Centre Gogol, un théâtre contemporain moscovite réputé, Kirill Serebrennikov a été assigné à résidence la semaine dernière. Cette décision l'empêche de quitter son domicile, sauf accord de la police, tandis qu'un tournage de film l'attend à Saint-Pétersbourg et qu'il devait monter prochainement un opéra à Stuttgart.

Le réalisateur estime que les accusations portées contre lui sont "absurdes" et son avocat fera appel lundi de son assignation à résidence.

Metteur en scène réputé et cinéaste dont les films ont été présentés aux festivals de Cannes ou de Venise, M. Serebrennikov n'est pas un opposant ouvert à Vladimir Poutine. Il a cependant critiqué les pressions croissantes exercées sur la création artistique sous prétexte de promotion des valeurs conservatrices et ses œuvres, abordant des thèmes comme la politique, la religion ou la sexualité, sont régulièrement critiquées par les activistes orthodoxes ou les autorités.

"Il ne s'agit pas de censure. Mais l'État, qui accorde des subventions (à des projets culturels), a bien le droit de choisir tel ou tel sujet qui l'intéresse particulièrement", a souligné M. Peskov.

 

En 2016 Kiril Serebrennikov réalisait "Le Disciple" :