"Prends-Moi" : l'amour au temps du handicap

“Prends-Moi” : l’amour au temps du handicap
“Prends-Moi” : l’amour au temps du handicap - © Tous droits réservés

Le court métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin soulève la délicate question de la sexualité des personnes handicapées avec justesse et onirisme. Il s’agit d’un film à contenu adulte. 

 

Sami, un infirmier canadien travaille dans un centre hospitalier pour personnes handicapées. Pour la première fois, il doit accompagner un jeune patient dans la “chambre d’intimité”. Il l’installe nu sur un lit qu’il rapproche de celui d’une jeune femme et s’éclipse. Les deux corps se retrouvent alors mais le jeune couple a besoin d’aide et appelle l’infirmier une nouvelle fois à l’aide pour une manipulation très intime. Sami s’interroge et se retrouve bousculé dans sa conception de son métier. Au fond de lui, il sait que le jeune homme est dépendant des personnes valides pour partager une sexualité avec sa compagne et que c’est une manière pour lui de se sentir comme tout le monde. Il voit dans le regard de son patient à quel point c’est important pour lui de pouvoir se retrouver dans un lit avec celle qu’il désire. L’infirmier décide d’aller voir la direction pour questionner les limites de l’intervention médicale dans un rapport sexuel entre personnes handicapées. 

 

Si le sujet reste encore très tabou dans nos sociétés, il commence à faire son apparition dans le débat public. La sexualité des personnes handicapées soulève bien des questionnements, puisque celles-ci ne peuvent avoir une sexualité “classique” que ce soit à cause de leur corps qui agit comme une prison ou de leur handicap mental. Il existe plusieurs réflexions quant aux limites de l’intervention médicale, comme dans le court métrage mais aussi concernant l’aide sexuelle directe, par la prostitution ou le bénévolat (particulièrement sensible dans bien des pays). Les deux réalisateurs canadiens Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin ont choisi de porter leur regard sur cette question sociétale et d’une manière tout à fait pudique, malgré l’explicité des plans. Ils ont choisi un infirmier masculin pour interroger judicieusement la question de la virilité par la même occasion. 

 

Après être passé par le Toronto International Film Festival et le Sundance Film Festival, “Prends-Moi” se retrouve en Staff Pick Premiere sur Vimeo.