"Petite ville" : quand l'été meurt

“Petite ville” : quand l’été meurt
“Petite ville” : quand l’été meurt - © Tous droits réservés

Ours d’Or dans la catégorie court métrage à la Berlinale 2017, ce magnifique film portugais raconte le trouble vécu par un jeune garçon qui prend conscience du trépas. 

 

Septembre dans une petite ville portugaise. Federico est un petit garçon de 6 ans qui fait sa rentrée scolaire. Une des premières leçons de l’année porte sur le corps humain et ses organes. Federico et ses camarades découvrent que le coeur est le plus important de tous et que s’il s’arrête de battre, c’en est fini, la personne meurt. C’est la première fois que le petit garçon est confronté à la mort et depuis, il n’arrive plus à dormir. Une profonde angoisse s’empare de lui. La mère de Federico interroge alors son institutrice : faut-il toujours dire la vérité aux enfants ? C’est la fin de l’été au Portugal, saison propice aux incendies, les Canadairs viennent se servir dans le lac de la petite ville. Federico a perdu à jamais son innocence.

D’après la mère de Federico, la seule chose qui sépare les humains des animaux n’est pas l’intelligence mais la conscience de la mort. Même si certains animaux sentent arriver la fin, ils sont beaucoup moins focalisés sur la mort que nous. La conscience de la mort est une étape nécessaire dans l’évolution d’un enfant, pour grandir il doit accepter en partie cette idée, même si personne n’est à l’aise avec ça. Avec cette prise de conscience, c’est le désenchantement qui survient, la naïveté qui disparaît.

 

Dans le superbe court métrage de Diogo Costa Amarante, Federico reproduit les gestes d’un ami comme un rituel pour se détacher de son trouble, il cherche à se détacher de sa prise de conscience. Dans ce changement qui s’opère chez le jeune garçon, sa mère n’espère qu’une chose, que Federico devienne un homme bon et qu’il l’aime encore. Petite ville” est d’une délicatesse et d’une poésie inouïes, Diogo Costa Amarante nous plonge dans le trouble d’une fin d’été, entre angoisse et apprentissage nécessaire, le réalisateur nous fait revivre la mort.

 

"Cidade Pequena" (Petite ville) de Diogo Costa Amarante a raflé l’Ours d’Or du court métrage en 2017. Il est à voir sur Arte.