"Paye (pas) ton gynéco" : violences et spéculum

"Paye (pas) ton gynéco" : violences et spéculum
"Paye (pas) ton gynéco" : violences et spéculum - © Tous droits réservés

La journaliste Nina Faure enquête sur les traitements gynécologiques dans un court reportage indépendant, nécessaire.

 

Depuis quelques années, beaucoup de gynécologues sont accusés de mauvais traitements et condamnés par la justice. De nombreuses femmes (et autres personnes aux attributs féminins) se plaignent de l’attitude déplacée des professionnels, dont elles ne prennent conscience qu’aujourd’hui. Comme la réalisatrice du reportage, cela fait 15, 20, 30 ans ou plus que des gynécologues effectuent des touchers vaginaux non-nécessaires sur des patientes pour des prescriptions de pilules. Certains médecins (pas tous évidemment) sont peu précautionneux et agissent sur l’intimité de leurs patientes avec violence, profitant de l’impunité ancestrale de la profession. Heureusement, ce temps est révolu et de plus en plus de plaintes fusent, le président de la profession en France a lui beaucoup de mal à se remettre en question. Nina Faure a décidé de faire un reportage en immersion, allant à la rencontre de professionnels et arpentant les commentaires sur le web. Le résultat est assez édifiant.

 

“Je vous excite pas beaucoup” remarque le gynécologue en prenant la tension de la réalisatrice, qui filme en caméra cachée sa consultation. Une remarque anodine mais symptomatique du sexisme régnant dans la profession. Nina Faure met en lumière un problème délicat : les femmes (et personnes aux attributs féminins) ont-elles à subir ce genre de remarques alors qu’elles ont les pieds dans les étriers, ont-elles à subir des pénétrations non-nécessaires, ont-elles à subir des humiliations telles sous prétexte qu’elles possèdent un vagin ? Ce sont toutes ces questions qui sont habilement soulevées dans “Paye (pas) ton gynéco” (2018), un reportage à voir gratuitement sur YouTube.