Oscars 2016 - "Spotlight", "The Revenant" et "Mad Max" triomphent lors de la grande messe du cinéma

George Miller, réalisateur de "Mad Max: Fury Road"
George Miller, réalisateur de "Mad Max: Fury Road" - © Frazer Harrison - AFP

"Spotlight" a remporté le prix du meilleur film lors de la 88e cérémonie des Oscars dimanche soir à Los Angeles. Il arrache la statuette la plus convoitée de la soirée au grandissime favori, "The Revenant", qui glane néanmoins les Oscars du meilleur acteur, du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie. Le thriller post-apocalyptique "Mad Max : Fury Road" s'impose, lui, dans les catégories techniques, avec six récompenses.

Porté par un casting relevé comprenant Michael Keaton, Rachel McAdams, Mark Ruffalo et Liv Schreiber, "Spotlight" narre l'histoire véridique d'une équipe de journalistes d'investigation du Boston Globe enquêtant sur des faits multiples de pédophilie commis par des prélats catholiques du Massachusetts. Face à la complicité du Vatican et à la complaisance de la justice, il faudra une année aux quatre reporters pour publier des révélations qui vont provoquer un séisme au sein de l'Eglise.

Adulé par la critique, "Spotlight" résume admirablement en un peu plus de deux heures cette affaire sordide et complexe avec une mise en scène de Tom McCarthy juste, humaine et haletante. En plus de l'Oscar du meilleur film, remis à ses producteurs, cette saga remporte également le prix du meilleur scénario original.

"The Revenant" sort tout aussi triomphant de la soirée. Récit quasi mystique de la vengeance d'un trappeur trahi par ses paires, "The Revenant" était l'immense favori de cette édition avec pas moins de douze nominations.

Leonardo DiCaprio, nominé pour la cinquième fois de sa carrière, voit enfin son talent consacré par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences et repart avec la statuette tant désirée du meilleur acteur. Après ses performances remarquées de trader vorace sous cocaïne dans "Le Loup de Wall-Street" ou de trafiquant sans scrupules dans "Blood Diamond", le Californien de 41 ans atteint le faîte de la gloire après ce qu'il a lui-même défini lors de ses remerciements comme "l'une des expériences les plus difficiles de (sa) carrière".

Ovationné comme un seul homme par le public du Dolby Theatre, Leonardo DiCaprio s'est fendu d'un discours très engagé sur le changement climatique.

Quelques minutes avant lui, le cinéaste mexicain Alejandro Inarritu s'était lui aussi présenté sur la scène pour recevoir pour la deuxième année consécutive l'Oscar du meilleur réalisateur. Primé l'année passée pour sa satire "Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance)", Innaritu est devenu le troisième réalisateur de l'histoire à recevoir ce prix deux années de suite après John Ford, en 1941 et 1942, et Jospeh Mankiewicz, en 1950 et 1951.

Plus tôt dans la soirée, "The Revenant" avait enlevé le trophée de la meilleure photographie. Emmanuel Lubezki empoche ainsi pour la troisième année consécutive cet Oscar, une première dans l'histoire de l'institution. Après "Gravity" en 2014 et "Birdman" en 2015, le directeur de la photographie est sacré pour son travail magistral dans "The Revenant", dont les images de paysages grandioses et sauvages ont été entièrement tournées à la lumière naturelle.

L'autre grand gagnant de la soirée est la dystopie "Mad Max : Fury Road" de l'Australien George Miller. Le quatrième opus de la série qui avait révélé Mel Gibson repart avec six récompenses glanées dans les catégories techniques: meilleur mixage sonore, meilleur montage sonore, meilleur montage, meilleurs maquillages et coiffures, meilleurs décors et meilleurs costumes. Le long métrage mettant en vedette Tom Hardy et Charlize Theron était aussi nominé dans les catégories du meilleur réalisateur et du meilleur film.

Pour sa première nomination, la jeune Américaine Brie Larson a gagné l'Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans "Room". Le film de Lenny Abrahamson, inspiré de faits réels, relate le calvaire d'une mère enfermée avec son jeune fils pendant sept ans dans une pièce exiguë à la merci d'un pervers. Elle s'impose notamment face aux déjà multioscarisées Cate Blanchett et Jennifer Lawrence.

Les meilleurs seconds rôles ont été attribués à Alicia Vikander et Mark Rylance. La jeune Suédoise est saluée pour sa prestation aux côtés de Eddie Redmayne dans "The Danish Girl". A 56 ans, le Britannique s'impose pour son rôle d'espion russe dans "Bridge of Spies" devant Sylvestre Stallone, nominé pour sa septième interprétation de Rocky Balboa dans "Creed", 39 ans après l'épisode initial.

Ennio Morricone se souviendra également de cette soirée. A 87 ans, le légendaire compositeur italien a enfin reçu les honneurs de l'académie pour une de ses oeuvres, celle réalisée pour "The Hateful Eight" de Quentin Tarantino en l'occurrence. Respecté dans le monde entier pour son travail sur les films de western, le Romain n'avait jusqu'à présent reçu qu'un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière. Il repart dimanche avec l'Oscar de la meilleure bande originale.

"Le Fils de Saul" obtient l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Ce film hongrois de Laszlo Nemes racontant l'histoire d'un Juif forcé à travailler dans les chambres à gaz pendant l'Holocauste, avait déjà récolté auparavant le Grand Prix du Festival de Cannes ainsi que le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.

Disney confirme sa suprématie sur le film d'animation avec une quatrième victoire consécutive dans cette catégorie pour "Vice-Versa" ("Inside Out").

Enfin, la Pakistanaise Sharmeen Obaid-Chinoy gagne pour la seconde fois l'Oscar du meilleur court métrage documentaire pour "A Girl in the River: The Price of Forgiveness".


Belga